Test Morphies Law – Le jeu qui portait trop bien la référence de son nom

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Test avec plus d'un mois de retard, mais test quand même...

Morphies Law était un peu porté disparu depuis l’an dernier. Il faut donc avouer qu’on l’avait oublié avant le Indies Highlights où il nous a fait le coup du « ça sort maintenant ». Ayant déjà du mal à marquer les esprits durant la Gamescom, il s’est ensuite pris un Nindies Showcase, une très riche rentrée, un Nintendo Direct puis le passage au online payant de la Switch. En plus, il tente de concurrencer Splatoon 2 qui ne faiblit toujours pas. Son titre fait référence à la Loi de Murphy qui affirme que tout ce qui pourra mal tourner tournera mal. Un principe qui semble donc se vérifier et que l’on retrouve sur le site officiel. Les Suisses de Cosmoscope y reconnaissent que faire un jeu était beaucoup plus compliqué que ce qu’ils pensaient. C’est donc avec beaucoup de retard et de sympathie que l’on va se pencher sur ce jeu.

Splatoon avec une moustache

TEST Morphies Law - Le jeu qui portait trop bien la référence de son nom

Dans le monde de Morphies Law, il ne reste plus que des robots dotés de la capacité de gagner de la masse. Pour cela, ils n’ont pas besoin de pousser de la fonte mais de s’échanger des coups de feu. C’est donc avec un jeu de tir à la troisième personne qui oppose deux équipes de quatre dans des matchs de quatre minutes. Et le but n’est pas de faire des kills mais d’obtenir de la masse. Entre son univers coloré et son PEGI 7, les possesseurs de Switch auront donc une sensation de déjà-vu.

La vraie idée se trouve dans la gestion de la masse. Lors qu’un tir touche, la victime voit sa taille réduire tandis que l’attaquant prend du volume. En théorie, cela sert à équilibrer les rapports de force. Plus on se prend de balles, plus on est difficile à atteindre. Au contraire, enchaîner les frags va faire que l’on devient géant et donc beaucoup plus simple à viser. Cela joue aussi sur les déplacements puisqu’un Morphie minuscule va beaucoup plus vite et peut emprunter des passages secrets. Là où un grand Morphie peut en revanche passer au dessus des obstacles.

Mais en pratique, la masse représente la vie du personnage. Les meilleurs joueurs ont donc tendance à devenir des sacs à PV justement grâce au système d’équilibrage. La partie du corps que l’on touche ou qui est touchée est celle qui perd/gagne en masse. Donnant ainsi des formes farfelues qui donnent cette lointaine impression de fun. Là aussi, il y a un impact sur le personnage que l’on nous vend comme une possibilité de faire de la stratégie. Dans la réalité, on fait surtout ce qu’on peut pour toucher les autres et éviter de se prendre des dégâts.

Pas des masses de joueurs

TEST Morphies Law - Le jeu qui portait trop bien la référence de son nom

Morphies Law propose trois types de parties. Dans Match à Morph, le but est de voler la masse de l’équipe adverse. On peut donc se faire victimiser pendant 4 minutes et quand même gagner. Bizarrement logique puisqu’un ennemi qui domine est beaucoup plus dodu. Le deuxième mode est Chasseurs de tête, une capture de drapeau. Une tête géante apparaît sur la carte, l’équipe qui la ramène en premier à sa base gagne le match.

On termine avec Braquage de masse, un mélange entre une guerre de territoire et une capture de drapeau. Chaque équipe a un Morphie gigantesque près de son camp, protégé par un bouclier. On peut ignorer la protection si l’on tire depuis l’un des endroits indiqués sur la carte. Une fois que l’on a volé assez de masse à l’ennemi, il faut se rendre au point de collecte, commun aux deux équipes pour s’assurer qu’elles s’affrontent directement. Le jeu ne propose aucun contenu solo. Il faudra se contenter de ces matchs en local ou en ligne, avec au choix dans les deux cas, des adversaires humains ou des IA.

Pas d’écran partagé, chaque participant a besoin de sa Switch et du jeu. C’est un jeu qui vit par le nombre de joueurs mais les serveurs sont vides. Si en plusieurs heures j’ai pu faire une partie à six, j’ai surtout enchaîné celles où j’étais seul sur la map à attendre la fin sans rien faire. La solution serait donc de réussir à convaincre sept possesseurs de Switch d’acheter le jeu et de se réunir régulièrement pour en profiter. Autant dire que cela n’arrivera pas vu l’existence de Splatoon 2.

Dans le doute, mettre du grind

TEST Morphies Law - Le jeu qui portait trop bien la référence de son nom

Tout se joue selon le niveau de votre personnage : les armes qu’il débloque, les tirs secondaires, ses capacités spéciales. Morphies Law compte donc sur le grind pour conserver ses joueurs. Évidemment, tout arrive au compte-goutte. Et le rythme est d’autant plus lent qu’il se fait à coups de parties vides ou contre des mauvaises IA. Au final, on peut combiner l’une des cinq armes avec l’un des dix tirs secondaires. Être à un haut-niveau permet d’embarquer quatre de ses créations à la fois pour changer son équipement à la base. Ce qui peut donc être un sacré avantage sur les débutants.

Au niveau des arènes, on en retrouve quatre qui, au mieux, sont du niveau de celles que l’on qualifierait de moyennes ailleurs. Elles semblent trop petites et trop encombrées. Avec le jetpack, la physique ragdoll et le tir ami, on comprend rarement ce qu’il se passe. Mention spéciale au bateau recouvert d’huile qui penche du côté de l’équipe à la traîne. Non seulement, vous êtes moins forts, les ennemis deviennent des tanks et en plus, vous êtes presque collés au sol tandis que les futurs vainqueurs gagnent un boost de vitesse. Il n’est donc pas rare de voir des joueurs retourner enchaîner les parties sur une map vide plutôt que de passer 4 minutes sur ce bateau.

L’autre motivation du joueur c’est l’obtention d’éléments de personnalisation. Qu’on achète à l’unité pour un prix allant de 500 à 32 000 boulons, la monnaie du jeu. Ou alors dans des lootboxes de 3 éléments qui coûtent 5000 boulons si on se sent chanceux. Aucun argent réel n’est utilisable pour modifier votre personnage.

Difficile de ne pas penser à Splatoon en jouant à Morphies Law. Un TPS, coloré, en 4 contre 4, où tuer n’est qu’une des façons de gagner, cela commence à faire beaucoup surtout pour une exclusivité Switch. Il se joue d’ailleurs normalement au gyroscope, option abandonnée en 3 secondes au profit du stick droit pour contrôler la visée. Le parallèle est d’autant plus frappant si on se penche sur l’histoire des productions. Chacun des deux a montré un prototype prometteur basé soit sur le système de peinture, soit sur le transfert de masse. Cependant si Nintendo a réussi à sublimer son concept de base, Cosmoscope n’a jamais réussi à trouver comment bien l’exploiter. On sent donc derrière le gâchis un petit potentiel. Quelques erreurs qui pourraient être corrigées par de l’équilibrage et des mises à jour. L’absence cruelle de joueurs bloque malgré tout cet espoir, il y a une limite au nombre de parties que l’on peut faire seul, à deux ou à trois avant de retourner sur Splatoon 2. On lui souhaite tout de même bonne chance pour sa future sortie sur PC.

La note de l'auteur

J'ai l'impression d'être à la fois trop sympathique et trop dur avec Morphies Law. Pour la simple et bonne raison que j'ai passé beaucoup de temps sur le jeu pour ce qu'il propose et en même temps, je n'ai jamais fait une seule vraie partie. L'absence de joueurs n'est bien évidemment pas à reprocher à Cosmoscope qui aurait bien voulu voir plus de monde jouer à son jeu. Et en même temps, dans l'état actuel, c'est comme vouloir jouer au foot sans avoir de ballon. L'intérêt est plus que limité. C'est aussi pour cela que cette critique ne mentionne pas la technique. Sans exemple de partie à 8 en ligne, impossible de s'avancer sur le netcode et les baisses de framerate. Je concluerai en disant que je ne peux donc décemment pas vous conseiller d'acheter un jeu sur lequel j'étais moi-même, un mois après la sortie, seul dans une trop grosse partie des matchs.

Doodz
d
Note du panda
3 10

Morphies Law

Points positifs

  • L'idée d'origine

Points négatifs

  • Le manque de fun
  • Le contenu
  • Les terrains de jeu
  • Le non-équilibrage
  • Les serveurs vides

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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