TEST. Fox n Forests – Rend l’argent Chipeur, ça suffit

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Avant quand on voyait un titre néoretro qui citait ouvertement certains des plus grands jeux de l’époque, on ne pouvait pas s’empêcher d’être hypé comme des sagouins. Maintenant, après toutes les désillusions Kickstarter et la recrudescence de projet du genre on est de plus en plus méfiant et quand on joue à Fox n Forests, on se dit qu’on a bien fait de pas trop se chauffer.

Projet financé par Kickstarter ? Check. Communication très discrète pendant plus de deux ans avant la sortie ? Check. Promesse de retrouver « un feeling d’époque avec un savoir-faire moderne » ? Check. En plus le bougre se permet de citer généreusement ActRaiser comme modèle pour me forcer à craquer, c’est moche de la jouer comme ça. Allez, on n’est pas à l’abri d’une surprise à la Bloodstained après tout. Surprends-moi Fox n Forests.

Fox & Furious

Fox n forests

Dès les premières minutes il y a une petite gêne qui s’installe. Comme si on sentait la déception venir mais qu’on restait dans le déni pour le moment histoire de ne pas avoir un avis biaisé. Petite introduction à base de combo sûr de l’époque artworks et petits paragraphes pour poser le contexte. Sauf que juste derrière on se tape des dizaines de boîtes de dialogues à rallonge franchement gênantes au niveau de la qualité de l’écriture. On ne lui en tiendrait pas rigueur si ce n’était qu’au départ mais ça n’arrête pas. Tous les trois niveaux ça repart pour du blabla sans intérêt. D’ailleurs malgré ces longues minutes de discussion on peine à retenir rien que le nom du héros. Enfin, il faut sauver le monde grâce au pouvoir de la nature, on se contentera de ça pour justifier l’aventure.

Le sentiment initial ne s’éloigne malheureusement pas quand l’action se réveille. Pire encore, il grandit inéluctablement pour s’imposer comme une amère réalité : Fox n Forests déçoit. Les premiers déplacements donnent le ton côté rigidité des mouvements des contrôles. Le titre est totalement dénué d’inertie mais a une très légère latence dans les commandes, et l’association des deux résulte en un jeu désagréable manette en main. On a à peine le temps de s’y faire que l’aventure s’achève déjà après moins de 4 heures de jeux et une poignée de boss. Pourtant le titre ne manque pas de bonnes idées, notre agile renard dispose notamment de nombreux mouvements d’attaques. Coup d’épée ascendant, balayette, arbalète et flèches magiques, il y a de quoi se frayer un chemin à travers les nombreux ennemis sans trop de problèmes. Enfin, une fois qu’on s’est fait à ce vilain timing dans les coups bien sûr. On aurait vraiment beaucoup apprécié une attaque au corps-à-corps en restant debout, mais il faudra se contenter de flèches ou de coups bas.

La mécanique de base du jeu est la capacité de Rick (oui il a quand même un nom ce renard) à passer d’une saison à une autre tant qu’il lui reste de la magie. Alors ne vous attendez pas à transformer le décors à votre guise, il n’est pas question de choisir la saison que l’on déclenche. Le titre s’impose certaines règles qu’il met en place lui même par ses choix douteux de game design. Alors qu’il avait la possibilité de surprendre en jouant la carte des niveaux ouverts et de laisser les joueurs les approcher à leur façon, il se contente d’un level design bas du front sans inspiration. Il peut uniquement compter sur la variété du bestiaire pour faire illusion. Le pire, c’est qu’il va falloir refaire encore et encore les 8 stages du jeux (oui, 8) pour récupérer un maximum d’objet afin d’avancer. En 3 heures il trouve le temps de recycler le malotru. N’imaginez pas compter sur vos aptitudes d’explorateur pour vous éviter la redite car il faudra impérativement revenir plus tard avec de nouvelles armes pour débloquer certains objets indispensables à la progression, l’amusement.

Forest Jump

Fox n forests

Ni l’exploration sans intérêt, ni l’action rigide ne parviennent à donner envie de continuer. Les niveaux ont beau être assez longs pour un jeu du genre, ils sont également parsemés de checkpoints payants. Difficile de savoir si la volonté était d’aider les joueurs ou de les forcer à prendre des risques avec une telle idée car il y a vraiment un checkpoint tous les 20 mètres. Fox n Forests peut au moins compter sur son visuel et ses beaux sprites. La transition d’une saison à l’autre est un peu magique à chaque fois qu’on presse le bouton. Les boss sont énormes et relativement intimidants d’apparence. Dommage encore que côté paterns ces derniers soient aussi inspirés que les attaquants belges dans une demi-finale. Prévisible et déjà-vu des millions de fois, aucun ne trouve une véritable identité ou ne représente un vrai défi.

Bon allez, les OST des jeux indépendants qui se la jouent rétro on est quand même habitué à ce que ça tabasse, pas vrai ? Encore loupé. Pire, c’est probablement la pire chose du jeu, les musiques. Il suffit de jeter une oreille au thème principale qui est dans le trailer en se disant « c’est le morceau le moins mauvais du jeu » pour que vous compreniez ma peine. Il y a vraiment des mélodies qui n’ont aucun sens c’est presque fascinant. Allez, on a tout de même quelques mécaniques de progression bien senties avec de nouveaux mouvements à débloquer en plus des traditionnelles améliorations de la jauge de vie et de magie. Le titre sauve à peine les meubles en ayant la décence de ne pas être horriblement difficile et de rapidement se plier.

Jusqu’à son boss final, Fox n Forests nous aura rappelé que parfois, tester des jeux vidéo, c’est du travail. Il n’y a vraiment aucun plaisir de jeu du début à la fin de l’aventure. Le charme visuel ne prend jamais vraiment tant il manque d’identité et les contrôles sont handicapants. On peut également pester sur la piètre qualité des musiques, mais ce n’est rien face au culot du titre de recycler en permanence les niveaux alors qu’il ne propose que huit stages à crever d’ennui. Dites, il en reste beaucoup des jeux Kickstarter du genre à couvrir ?

 
La note de l'auteur

En commençant à rédiger ce test j'ai rapidement réalisé que j'avais déjà pratiquement tout oublié de Fox n Forests, si bien que j'ai dû le relancer quelques minutes pour me remettre dedans. Je ne me souvenais même pas du nom du héros et j'ai réussi à occulter ces horripilantes musiques de ma tête assez facilement. J'avais vraiment envie d'avoir ce sentiment de découvrir une petite gemme perdue de la Super Nes, mais ça ressemblait à un simple plateformer 16-bits sans saveurs. N'est pas Shovel Knight qui veut.

Toothpick
f
Note du panda
4 10

Points positifs

  • Quelques pouvoirs sympas
  • De jolis sprites
  • Un feeling 16-bits bien restitué

Points négatifs

  • La rigidité des contrôles
  • Recyclage à foison
  • Vraiment trop court
  • Combats et exploration de l'ennui
  • Arrêtez ce compositeur sur le champ
  • Des boss déjà vus 200 fois
  • Le seul challenge est de rester éveillé

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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