Test Blazing Chrome – Running (& gunning) in the 90s

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Un contrat sur sa tête

Autant dire que le jour où Contra 3 (ou Super Probotector) a débarqué sur Snes, la claque fut mémorable. S’il n’est pas le premier du genre ou de sa série, il a transfiguré le jeu d’action. Bonne nouvelle, les spécialiste du rétro de chez JoyMasher ont décidé de lui rendre hommage avec Blazing Chrome. Rien que le nom fleur bon le métal, l’huile, et la poudre à canon à l’ancienne. Contra(t) rempli d’avance ?

Condition de test : Joué sur Switch principalement en mode portable pendant 5 heures. Le temps de finir le jeu 3-4 fois, et de tester un peu les autres modes de jeux ainsi que la coop.

Le futur de 1991

Blazing Chrome

En tout cas la confiance est forcément de rigueur après le précédent titre du studio. Oddalus s’inspirait de l’autre genre de jeu d’action de l’époque, Castlevania en tête. Le jeu est plus qu’un simple hommage à la série de Konami, c’est un titre brillant et fort avec une personnalité propre. Blazing Chrome lui, paraît plus comme une simple redite désincarnée et ce dès l’écran titre.

Le premier niveau à peine lancée on peut déjà dire qu’une partie de l’objectif est un succès. Blazing Chrome est la suite spirituelle de Contra, il lui manque le sceau de Konami sur la jaquette. Tout du rythme des déplacements à l’apparition des ennemis, en passant par les décors, les sprites et même la musique est un plaisir de nostalgique. Le feeling est impeccable, on tire sans modération sur tout ce qui bouge à l’écran tel le Terminator, instoppable.

Pourtant, ce future 21XX laisse un vilain arrière goût. Bien entendu l’ambition de Joymasher n’a jamais été de révolutionner le genre, mais à trop vouloir coller à son modèle, Blazing Chrome se coupe les ailes. Aucun aspect artistique du titre ne parvient à s’émanciper des canons de la série de Konami, comme si le titre n’était qu’un jeu de football sans licences officielles. C’est d’autant plus regrettable que le titre brille régulièrement par des séquences fortes et des boss impressionnant.

Quand il reprend une scène de Contra 3 pratiquement à l’identique au début on ne peut s’empêcher de lâcher un sourire devant la malice des développeurs. Il n’hésite pas non plus à piquer des idées au cousin Metal Slug dans certains de ses affrontements. Il peine néanmoins toujours à s’affranchir de son image d’hommage sympathique.

Robochrome

Blazing Chrome

Heureusement cette timidité artistique n’empêche pas Blazing Chrome de se jouer comme un petit charme. La prise en main est immédiate, ceux qui ont des vieux réflexes les retrouveront instantanément. Les développeurs ont cru bon d’ajouter une roulade en guise de seul véritable mouvement défensif. On en oubliera rapidement l’existence tant son utilisation est complexe et rigide. D’autant qu’il n’est pas question d’être invulnérable le temps de l’animation.

Le reste est on ne plus classique. On court, on saute, on tire, et surtout on évite un maximum de projectiles. On lutte néanmoins régulièrement contre la rigidité de l’ensemble. Il n’est pas rare de voir un saut se bloquer alors que l’on visait en diagonal, ou de faire une roulade au lieu de tirer vers le bas. La disposition des touches n’aide pas vraiment non plus, surtout sur Switch où la précision des Joycon complique la chose.

Sur les six petits niveaux qui rythme les deux heures de durée de vie, on passe par tout un tas de situations. Course poursuite à moto pour finir sur le sommet d’un train, escalade sur des plateformes qui s’effondre poursuivi par un robot géant, on passe par bien des émotions. La mise en scène ultra efficace parvient à faire oublier un level design pas toujours très inspiré et mollasson. C’est là aussi que le jeu sort sa carte maître : ses boss.

Ils arrivent sous toutes les formes, de tous les côtés, parfois seuls parfois plusieurs. Le jeu n’hésite pas à en lancer plusieurs à la suite tant il est sûr de sa force sur le sujet. Certains combats contiennent parmi les séquences les plus folles du jeu qui se font vraiment trop rares. Reste que ces combats sont particulièrement réussis avec un time to kill parfait.

One last ride

Blazing Chrome

Une fois le jeu fini une première fois on débloque tout un tas de modes de jeu supplémentaires, dont un boss rush, tiens donc. On débloque une difficulté supplémentaire (et le jeu est déjà assez ardu par défaut) ainsi qu’un mode miroir tout droit sorti d’un Mario Kart. On a aussi le droit à un nouveau personnage qui attaque au corps à corps et peut charger son coup de base. Le gameplay n’est pas transfiguré mais c’est une autre façon de jouer toujours aussi plaisante.

Cela dit, passer deux, allez peut être même trois run pour les plus clients, difficile de trouver un véritable intérêt à relancer la partie. Comment justifier y retourner, même en coopération, alors que n’importe quel Metal Slug est disponible partout et reste bien au-dessus de ce Blazing Chrome ?

Plaisant hommage à Contra et autres Metal Slug, Blazing Chrome pêche surtout par un manque terrible d’identité. Difficile d’imaginer que le titre aurait pu vraiment tirer son épingle du jeu s’il était sorti à l’époque de ses modèles. Il n’en reste pas moins un run&gun amusant, particulièrement efficace malgré son classicisme. JoyMasher reste un studio a surveiller de près tant ils ont prouvé être capable de plus qu’un hommage sympathique.

L'avis de l'auteur

Je suis venu cherché un Run&Gun old-school et exigeant pour retrouver des sensations à la Contra, et c’est exactement ce que j’ai eu. Jamais transcendant, mais toujours efficace. Cela dit après 2-3 runs il manque vraiment quelque chose pour me donner envie d’y retourner, alors que je relance un Metal Slug 3 avec toujours autant de plaisir depuis 15 ans.

Toothpick
c
Note du panda
6.5 10

Blazing Chrome

Points positifs

  • Feeling Retro impeccable
  • Les armes et bonus
  • Les combats de boss
  • Quelques très bonnes idées de mise en scènes...

Points négatifs

  • Vraiment trop classique
  • Manque d’identité
  • Court sans grosse rejouabilité
  • ...mais vraiment trop rares
  • Quelques soucis techniques sur Switch

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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