Razer Clio : Un coussin de tête qui se prend pour une enceinte, original mais limité

Un coussin de tête qui fait aussi office d’enceinte : sur le papier, l’idée a de quoi surprendre. Razer y croit suffisamment pour avoir lancé le Clio il y a quelques mois, affiché aux alentours des 200€. Après environ cinq semaines passées avec l’accessoire, clipsé sur plusieurs fauteuils et testé sur une bonne poignée de jeux, de films et de séries, voici ce qu’il faut en retenir.

Razer Clio, l'enceinte pour votre siège // Source : Razer

Une idée culottée, qui fonctionne mieux que prévu

Comme très souvent, Razer aime innover. On a souvent vu la marque singapourienne proposer des concepts loufoques, qu’ils soient commercialisés ou non d’ailleurs. On pense à ce coussin gaming avec retours haptiques, son masque à air Zephyr controversé on son bureau de jeu modulaire (oui oui, un vrai « ordinateur-bureau »). Des projets qui alimentent l’idéologie laboratoire de la marque, qui n’hésite pas à pousser le curseur de temps à autre. C’est le cas avec le Razer Clio, gadget sonore qui veut venir remplacer l’inconfort du casque en créant un son directement en provenance de votre sège.

Le concept est simple : deux haut-parleurs à large bande de 43 mm, logés dans un gros coussin que l’on vient fixer en haut du dossier du fauteuil, juste derrière la tête. L’idée est de recréer une partie de la sensation d’un casque, sans le poids ni l’échauffement sur les oreilles. Et sur ce point précis, le pari est réussi : le son est bien dirigé vers les oreilles, et l’effet d’immersion est réel, presque surprenant la première fois qu’on l’expérimente.

Le Clio est compatible THX Spatial Audio, une technologie de spatialisation sonore qui vise à recréer un effet 3D à partir de deux haut-parleurs, pour donner une sensation de son positionné tout autour de soi plutôt qu’uniquement devant. Trois modes d’égalisation sont proposés (Jeu, Films, Musique), avec la possibilité d’aller plus loin via Razer Synapse si on veut peaufiner le rendu.

Côté qualité sonore pure, le Clio s’en sort tout à fait honorablement. Rien à voir avec une installation 5.1 ou un bon casque haut de gamme, mais pour ce que c’est, le rendu est propre, avec des basses qui remontent correctement pour un objet de cette taille. Sur ce strict critère audio, il n’y a pas grand-chose à reprocher au produit.

Diablement efficace sur certains jeux, beaucoup moins sur d’autres

Là où le Clio devient vraiment intéressant, c’est sur les jeux à forte dimension immersive. Sur Cyberpunk 2077, l’effet est assez dingue : la spatialisation donne une vraie sensation d’enveloppement, le genre de détail qui fait son petit effet quand on s’y attend le moins. C’est là où le Clio a un réel intérêt, ce qui rend l’ensemble très impressionnant sur la découverte du produit.

Le souci, c’est que cette efficacité ne se retrouve pas partout. Sur les jeux qui demandent de la précision sonore, comme les FPS compétitifs, le Clio perd de sa superbe : difficile de localiser un bruit de pas aussi finement qu’avec un bon casque gaming, ce qui est quand même gênant pour un produit qui revendique justement un mode « Jeu » pensé pour ça.

Au total, l’essai a tourné sur Genshin Impact, DOOM Eternal, Cyberpunk 2077, Disney Dreamlight Valley, Fortnite, Battlefield et d’autres, en plus de plusieurs films et séries. Le constat se confirme sur la durée : plus un jeu ou un contenu mise sur l’ambiance et l’enveloppement, plus le Clio est à son avantage. À l’inverse, dès qu’il faut de la précision, l’intérêt retombe. Une tentative sur du montage vidéo a aussi vite tourné court, en lâchant un gros « meeeeh, nop » ; l’exercice n’étant clairement pas pensé pour ce genre d’usage.

Un vrai problème de compatibilité

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Razer Clio, l’enceinte pour votre siège // Source : Razer

C’est le point qui pèse le plus sur l’expérience. Razer promet que le Clio s’adapte à la plupart des fauteuils gaming à dossier haut, grâce à deux sangles réglables prévues pour une circonférence d’appui-tête de 47 à 65 cm. Dans les faits, ça n’a tout simplement pas fonctionné avec le fauteuil utilisé pour ce test, qui n’est pourtant pas un modèle exotique. Nous avions deux autres sièges à disposition, et là aussi, ça ne marchait pas (au total, deux sièges gamer, un ergonomique).

Le problème, c’est que le Clio est clairement pensé pour les fauteuils Razer eux-mêmes (Iskur V2, Iskur V2 X, gamme Enki), qui ont un dossier plus étroit sur le haut. Dès que le dossier s’élargit, les sangles peinent à bien maintenir le coussin, et on se retrouve à devoir constamment le réajuster. C’est d’autant plus embêtant que Razer vend officiellement le produit comme compatible avec « la plupart » des fauteuils à dossier haut, pas uniquement les siens. Pour un accessoire qui déborde des 200 €, ce genre de limitation fait tache.

Evoquons rapidement sa connectivité, possible en Bluetooth et sans fil HyperSpeed, et sa batterie intégrée, qui permet de tenir 10 à 12 heures selon l’utilisation.

Le mot de la fin : un très beau gadget, mais un gadget quand même

Le Razer Clio, c’est typiquement le genre de produit qu’on a du mal à juger sévèrement, et en même temps du mal à recommander sans réserve. L’idée est originale, l’immersion sur certains jeux est réussie, la qualité sonore est respectable, et la technologie THX Spatial Audio apporte vraiment quelque chose sur les contenus adaptés.

Mais à l’usage, le Clio reste un gadget : amusant, parfois bluffant, mais pas vraiment indispensable, avec une utilité qui varie énormément selon ce qu’on en fait. Ajoutez à ça un prix élevé et des soucis de compatibilité bien réels en dehors de l’écosystème Razer, et on obtient un produit sympathique à essayer, mais difficile à justifier pour la plupart des joueurs. On salue tout de même l’initiative.