TEST. Trailblazers – Coup de pinceau à 300km/h

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Quand l'équipe de SUPERGONK a eu la bonne idée de mélanger Splatoon WipeOut et la direction artistique d'une production SEGA de la fin des années 90, on peut dire qu'ils ont eu une bonne idée. Et parfois, une simple bonne idée suffit à faire un bon jeu.

Difficile de se démarquer sur des plates-formes surchargées comme Steam aujourd’hui. Encore plus quand un jeu se fait aussi discret que Trailblazers sur sa communication. C’est bien simple, le titre est sorti dans l’anonymat le plus complet et cumule moins de 30 avis sur Steam au moment où ce test est rédigé. Le titre à pourtant plus d’un argument pour lui et mérite franchement qu’on s’y attarde un instant.

Paint it like it’s hot

Trailblazers

Trailblazers est un étonnant mélange des genres qui nécessite un petit temps d’adaptation. Si comme dans tous les jeux de course on fera tout pour finir à la première place, ici c’est très loin d’être le seul objectif. Dans Trailblazers, à l’exception du mode chacun pour soi, les 6 joueurs par course sont réparties en deux équipes. C’est donc à trois contre trois que se jouent les courses et non pas chacun dans son coin. L’équipe qui l’emportera ne sera pas forcément celle qui finira à la première place. C’est ici qu’entrent en scènes des mécaniques de coopération vraiment bien pensées et originales. Il est possible de repeindre la piste à la couleur de son équipe, soit en laissant une traînée de peinture derrière soi, soit en en projetant une vague de peinture vers l’avant. Cette seconde option vide intégralement le réservoir de peinture (alors soumis à un petit temps de rechargement) mais sert aussi à attaquer les adversaires et les ralentir.

Dès que l’on passe sur une traînée de peinture de la couleur de son équipe, on passe en mode boost accélérant drastiquement notre vitesse maximale. Mieux encore, en restant sur notre couleur un long moment, le boost passe niveau 2 puis 3 pour une efficacité maximale ! Il est donc primordial de penser à tracer de belle trajectoire pour optimiser le temps de boost, aussi bien pour notre prochain passage que pour nos alliés qui arrivent derrière et qui auront eux aussi l’opportunité de prolonger notre coup de pinceau. Bien entendu il est aussi nécessaire de s’en servir pour casser les lignes de l’équipe adverse en repeignant par-dessus leur œuvre. On travaille donc à trois niveaux lors d’une course de Trailblazers, on vise la première place, on pense à aider ses copains et on détruit les efforts de l’équipe adverse. Le tout se prend rapidement en main et se révèle très efficace. Bémol en revanche sur le comportement de l’IA malheureusement assez aléatoire, il n’est pas rare d’avoir l’un de ses alliés qui se met en travers de notre chemin, ou encore de les voir faire un peu n’importe quoi au niveau des tracés.

L’important c’est les trois points

Trailblazers

Au total chaque joueur cumule trois types de points qui détermineront quelle équipe a remporté la course. Il y a tout d’abord les points de course qui sont déterminés en fonction du classement final. Puis viennent s’ajouter des points de boost qui dépendront du temps que le joueur a passé sous l’état boost, des risques qu’il a pu prendre en tentant des dérapages ou en frôlant les parois par exemple. Enfin viennent les points de couleur influencés par la zone recouverte par le joueur sur le terrain, l’aide qu’il a apportée à ses alliés et les attaques qu’il a placées sur les adversaires. Les scores sont ensuite additionnés par équipe et un vainqueur est désigné. L’intention est noble mais peut s’avérer frustrante car il est très difficile de savoir où une équipe se place par rapport à l’autre en pleine course. Un indicateur du score total n’aurait pas été de refus tant il pourrait forcer l’équipe menée à multiplier les prises de risque pour remonter tout en mettant la pression psychologique sur l’équipe en tête.

Côté prise en main le titre se joue très facilement. Les véhicules sont faciles à manier et file à toute berzingue sur des circuits bien construits avec plusieurs chemins possibles. Les circuits sont également ponctués de portail qui une fois franchis, envoie une longue traînée de peinture vers l’avant. Les plus acharnés trouveront donc de véritable stratégie à mettre au point sur chaque circuit afin d’optimiser chaque tour le mieux possible. Il est aussi possible de monter des équipes vraiment complémentaire avec un pilote spécialisé en peinture, un autre en vitesse, et un troisième qui va s’occuper de casser le rythme des adversaires. En revanche, et c’est le plus gros point noir du titre, les collisions sont tout bonnement catastrophiques. Toucher une paroi fait de notre véhicule une balle de flipper qui valdingue alors dans tous les sens. Il est pratiquement impossible de reprendre le contrôle avant l’arrêt complet du véhicule la plus part du temps. Pire encore, il faut être extrêmement vigilent à ne pas attaquer un ennemi un peu trop proche de soi car il viendra se coller à notre vaisseau et nous faisant perdre énormément de temps.

« C’est vraiment le top délire de la déconnade mon pote!! »

Trailblazers

Enfin il faut parler de cette direction artistique absolument dingue tout droit sortie d’une production Dreamcast. Il y a tout d’abord cette bande-son complètement dingue qui nous renvoie sur les morceaux les plus tordus. Le titre présente aussi son lot de loupés, notamment au niveau du character design terriblement insipide et clairement pas aidé par l’écriture des dialogues particulièrement ridicule. Il faudrait vraiment arrêter avec cette façon de parler qui ressemble à un papa qui cherche désespérément à paraître cool auprès de son fils en faisant « wesh ziva t’as vu ! » toutes les deux secondes. On passera également rapidement sur l’histoire en elle-même, étonnamment creuse pour quelque chose d’aussi bavard. Les dialogues s’enchaînent entre les courses, les personnages se détestent puis s’allient avant de redevenir adversaire sans trop de raison. Ce n’est certes pas le cœur du jeu, mais ça n’en reste pas moins un loupé.

Heureusement l’aspect visuel du titre vient sortir le titre de l’eau. Le rendu est très chouette et plaisant à voir en mouvement. On regrettera tout de même le blocage à 30fps sur console (même sur PS 4 Pro) qui fait forcément du mal à la nervosité des courses. Comme souvent donc, si vous deviez craquer pour le jeu, ce sera sur PC. Reste que techniquement le titre est assez solide avec un aspect pastel très joli ainsi qu’un travail vraiment réussi sur les différents environnements et l’apparence des circuits. Dommage qu’il n’y ait pas plus de circuit ou de contenu, le titre souffre malheureusement beaucoup de l’absence quasi totale de joueurs en ligne malgré la présence de cross-plateforme. Il faut parfois plus de 35 minutes pour trouver une course, si jamais vous en trouviez une. Difficile ainsi de justifier un prix de 30€ qui paraît bien élevé pour le peu de temps que l’on va passer sur le titre qu’on ne ressortira que pour quelques courses en local avec des amis.

Trailblazers exploite son concept à fond et avec un certain talent. Le jeu de course par équipe avec du scoring, ça marche vraiment bien. Le titre trouve l’équilibre parfait au niveau du gameplay entre ses bonnes sensations de vitesses et ses mécaniques de coopération bien pensées. Le tout manque malheureusement de clarté et d’élément pour pousser les joueurs à vraiment faire sentir aux joueurs qu’ils font avant tout partie d’une équipe. On peut aussi pester sur la gestion désastreuse des collisions, le manque de contenu en solo et un online malheureusement désert. Trailblazers n’en est pas moins un sympathique jeu de course, original et animé par une jolie touche artistique et une OST totalement folle.

La note de l'auteur

Trailblazers m'a renvoyé à un feeling de jeu que je n'ai connu que sur certaines productions SEGA en arcade ou sur Dreamcast. Déjà dans la folie de sa direction artistique ou de ses musiques avec son lot de trouvailles et de ratés, mais aussi par son concept assez unique et totalement barré. J'ai passé un bien meilleur moment que ce que je n'espérais. Par contre, je n'y reviendrai sûrement pas autrement qu'en local avec des amis car l'intérêt est très limité en solo et le multijoueur est malheureusement désert. J'y aurais pris du plaisir pendant quelques heures, mais impossible de le recommander à 30€.

Toothpick
b
Note du panda
7 10

Points positifs

  • Concept parfaitement exploité
  • Mécanique de coop redoutable
  • Chouettes sensations de vitesse
  • L’architecture des circuits
  • Techniquement propre...
  • Bonne prise en main

Points négatifs

  • Trop chiche niveau contenu
  • Online désertique
  • Collisions calamiteuses
  • Charcter design flingué
  • ...mais 30 fps sur console

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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