Test Resident Evil Revelations – L’horreur dans sa version complète

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Inutile de faire une longue introduction à la série des Resident Evil, connue au Japon sous le nom Biohazard, un catalyseur du genre « survival horror » depuis ses débuts sur PlayStation en 1996. La licence détenue par Capcom charge Shinji Mikami du développement de nombreux épisodes. Fortement inspiré de Sweet Home (1980) ou rappelant le jeu vidéo Alone in the Dark (1992) sans oublier La nuit des morts-vivants de George Romero (1969). L'évolution de la série vers un genre plus « survival action horror » (RE4) aura en partie scindé ainsi que renforcé la communauté autour de la licence malgré un RE6 faiblard bien qu'ambitieux et un RE7 remaniant totalement son gameplay au profit de la réalité virtuelle. Si Capcom ose laisser le virus-T s'approprier de son jeu pour le faire muter en de nouveaux genres, il en reste cependant le maître et viendra nous le rappeler dans cet opus : nouant les origines aux versions plus modernes d'aujourd'hui.

Resident Evil Revelations est à l’origine un jeu développé pour la Nintendo 3DS qui, à ses débuts (2012) connaît un succès tonitruant, bien plus remarqué que RE6. Il aura fallu 5 ans, après de nombreux portages en HD sur les diverses plateformes habituelles pour qu’enfin la version PS4 (et Xbox One) pointe le bout de son nez. La version HD hérite cependant du gamedesign et de l’architecture technique de la console de Nintendo, lacunes incluses. Jill Valentine et Chris Redfield sont les principaux protagonistes qui font leur grand retour dans l’histoire de ce spin-off Revelations. La campagne est divisée en chapitres et sous-chapitres se terminant en moins d’une quinzaine de minutes pour la majorité, des niveaux de courte durée pour accommoder le temps de jeu initialement prévu pour le support nomade. Ce qui donne l’impression d’une histoire trop segmentée pour une console de salon, pourtant la formule marche plutôt bien faisant appel à un format de série télévisée qui permet au scénario de jouer avec la narration au travers de différents personnages incarnés et d’un récit libre de casser la chronologie des événements.

Une nouvelle version d’horreur ?

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Pour éviter de présenter à nouveau le jeu dans ses moindres détails, attardons-nous plutôt à ce qui attend l’acheteur de la version PS4 (ou XB1).

Les premiers pas dans ce spin-off laisseront interloqués les joueurs venant de RE6 ou encore ceux du septième volet. Les graphismes de la version portable sont certes rehaussés pour correspondre à un affichage en 1080p à 60fps stables sur nos télés mais ne représentent en aucun cas un défi technique pour les machines d’aujourd’hui. Les environnements étant une suite de couloirs : cela est facilement justifiable pour l’environnement naval dans lequel le scénario nous embarque dans un dédale métallique froid, recelant de potentiels dangers derrière chaque porte ou tournant. Par contre pour un environnement tel que les hauteurs montagneuses enneigées, on se sent étriqué et frustré par les murs invisibles jonchant le parcours qui rappellent que nous sommes dans un jeu vidéo rendant difficile l’immersion, bien que l’intention soit là. De ce point de vue-là, aucun risque de baisse de framerate à l’écran. Les modélisations des personnages sont néanmoins bien réalisés et n’ont pas à rougir face aux productions pour consoles en 2017.

Resident Evil Revelations était tout de même une petite prouesse visuelle sur 3DS

Quant aux environnements, ils souffrent tout de même de moins de soins, décelables par la qualité faiblarde des textures retravaillées mais héritant tout de même de l’architecture d’une console portable. Ce qui pouvait sembler impressionnant sur le petit écran de la 3DS masquant de par sa taille les imperfections d’affichage, peut faire tâche face aux soins apportés aux personnages sur PS4, écho à un jeu de bas de gamme. RE Revelations souffre trop de ses origines de console portable pour véritablement être un incontournable de la série : trop rigide et non repensé pour une véritable expérience sur console de salon. Heureusement que le travail de lighting est là pour mettre en avant tout de même l’excellente direction artistique dont le jeu a eu droit. L’ensemble est très fidèle au jeu d’origine sur 3DS et la bande son vient confirmer que l’ambiance tendue de ce Resident Evil ne se transmet pas que par les pixels colorés de la télé mais aussi par l’audio incroyable qui avait été édité pour cet opus. Par moment dérangeant, la tension maintenue par les notes inspirent une certaine crainte d’un danger imminent au détour des couloirs. Les petits détails sonores savamment parsemés maintiennent le joueur scotché à son siège. Les bonus des versions précédentes sont également inclus sous forme de bonus à débloquer lors de la progressions dans le jeu.

Le terme « survival » prend son sens par la distribution avare des munitions et objets de soin dans les niveaux qui feront que chaque tir à l’arme doit impérativement toucher la cible sous peine de se voir en difficulté à abattre l’ennemi. On pourra toujours compter sur le scanner pour analyser ennemis et environnements qui cachent parfois leurs secrets dans l’ombre, voir des objets bonus (une fois le palier de scans prérequis atteint) pour augmenter un tant soit peu les chances de survie dans ce cauchemar. Ce qui manquait cruellement à la version 3DS était le support d’un stick droit pour viser correctement et le gyroscope n’était pas très précis à l’époque. Le stick droit de la Dualshock4 est un vrai plus dans le maniement des armes : il permet un contrôle de la caméra plus précis lors de l’exploration et des situations de combats rendant les actions bien plus dynamiques.

Le mode RAID est ajouté au jeu d’origine et permet de jouer avec un coéquipier en ligne à des niveaux revisités. Un ajout bien sympathique qui proposera d’améliorer ses statistiques via un système d’expérience et d’accumulation de niveaux, de customisation d’armes, de personnages et outils à débloquer. A considérer comme une sorte de Mercenaries sorti il y a quelques temps sur 3DS en plus évolué. Il est vital de passer par les menus marchands entre chaque niveau car le personnage incarné hérite des actions de la partie précédente. Le mode RAID viendra rallonger la durée de vie du jeu de manière conséquente, encore faut-il vouloir y investir assez de temps pour survivre à un enfer de plus en plus insoutenable. Ce n’est pourtant pas l’attraction pour laquelle le jeu se retrouvera dans le lecteur de la console à moins d’avoir un ami qui tient absolument à y jouer : un mode non indispensable qui représente tout de même du challenge progressif appréciable.

Un Jill sandwich ?

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Libéré des 4Go des cartouches 3DS, ce Resident Evil semble avoir peu d’arguments pour pleinement s’exprimer et justifier une nouvelle fois le passage en caisse après sa sortie originelle d’il y a 5 ans… Une fois le voile de l’héritage technique dissipé : Resident Evil Revelations se révèle être tout de même un excellent spin-off à la série qui renoue avec ses origines, plus orientées vers le suspens et l’horreur des années qui ont marqué le départ de la série en 1996. L’ambiance horrifique est bien palpable tout au long du jeu avec son scénario bien rythmé qui ne laissera aucune place à l’ennui. L’histoire débute par la simple recherche de Chris Redfield à bord du Zenobia et va crescendo vers un scénario plus complexe à y perdre le joueur (oui c’est vraiment capillotracté). La balance entre les frissons d’horreur et l’action explosive est très bien distillée tout le long de l’aventure. Cependant ce succès est amené d’une manière inattendue une fois le pad en main.

Jill et Chris sont sur un bateau, Chris tombe. Que reste-t-il ?

La partie avec Jill à bord du navire en déroute ressemble énormément à l’expérience de jeu du premier Resident Evil sur PlayStation 1. Capcom nous montre qu’il est maître de son sujet et nous ressert avec une touche de modernité sa recette qui a fait vibrer nos jeunes rétines il y a plus de vingt ans. La tendance vers l’horreur classique est indubitablement l’intention principale dans le dédale métallique du Zenobia. Une fois dans les montagnes par contre, l’ambiance horrifique de la première partie est balayée pour faire place à la tournure plus orientée action des derniers volets. Ces deux style d’approche à l’histoire se font naturellement et sont un point fort du jeu qui renouvelle son gameplay en plein déroulement d’histoire.

Revelations a droit à un bestiaire réussi aux designs repoussant voire malsains partant d’une forme humanoïde visqueuse à des entités qui n’ont plus rien d’humain aux animations retravaillées pour cette version de jeu. Des monstres bien connus de la série font également leur apparition cependant, l’ensemble du bestiaire est au final assez maigre : ce qui est le seul regret qu’on peut avoir durant l’aventure. Les boss ont droit a un design soigné et des mécaniques recherchées dans leurs affrontements : bien différents les uns des autres, ils demandent d’adopter une stratégie différente lors de leur confrontation. L’armement pour faire face aux ennemis reste très classique allant du pistolet automatique au robuste fusil à pompe. Les armes sont améliorables grâce à des pièces d’équipement qui viendront ajouter une dimension RPG bien sympathique ! Cette dimension est développée dans le mode RAID allant plus dans le détail dans la customisation de la partie pour ceux qui ont accroché à cette idée.

Au final, cette dernière itération du jeu Resident Evil Revelations s’en sort très bien, apportant par l’occasion un confort de jeu notable, une résolution augmentée et un aspect visuel légèrement retravaillé pour un prix de lancement à 25€. S’adressant à ceux qui auraient loupé l’épisode depuis sa sortie en 2012 sur 3DS ou ceux frustrés par l’absence du stick droit à l’époque. Bien que Revelations hérite fortement de son gamedesign pour jeu nomade, il en reste pas moins un excellent titre à parcourir tant le rythme de l’histoire reste plaisant. Quant aux « révélations », ont les attend toujours… Cependant, ne vaut-il pas mieux attendre la version Nintendo Switch qui sort en novembre 2017 incluant Revelations 1 & 2 pour 40€ ? Tout le dilemme est là et le timing semble mal choisi pour espérer un réel succès sur PS4 et XB1 face à ceux qui ont le choix.

L'avis de l'auteur

Après avoir bouclé l'histoire de Resident Evil Revelations, je n'aurais pas pensé revenir sur mes pas sur PS4 et refaire l'aventure. C'est avec grande surprise que j'ai beaucoup apprécié le jeu, avoir un vrai pad dans la main est un confort indéniable qui alimente l'expérience de jeu de manière positive. Souffrant pourtant de son statut de simple portage malgré le travail effectué dessus pour le remettre au goût du jour, l'histoire est sympa et je ne me suis pas ennuyé un instant. Dommage qu'il ne s'agisse pas d'un remake car il a tout le potentiel pour en être un. Je penche pour une attente pour la version Switch et le potentiel du motion gaming inclu. Le souvenir du Resident Evil 4 sur Wii avait hissé cette version tout en haut du podium car le motion gaming était très réussi. En réalité les défauts de Revelations font partie de l'expérience de jeu, après 5 ans c'est toujours aussi bon comme le vin, qui se bonifie avec l'âge.

Marc Pjc
b
Note du panda
7.5 10

Points positifs

  • L'amélioration du rendu visuel appréciable
  • Affronter l'horreur avec le stick droit !
  • La bande son frissonante
  • Retrouver Jill et Chris dans une nouvelle aventure en format série télévisée
  • Durée de vie tout à fait acceptable boostée par le mode RAID
  • Les options de personnalisation des armes !

Points négatifs

  • Une version qui semble en retard techniquement
  • Le rythme trop segmenté
  • Elles sont où les révélations ?
  • Les énigmes sont risibles
  • Pas de séquence mémorable

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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