TEST. Quantum Break – Le maître du temps de Microsoft

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Attendu de pied ferme par de nombreux joueurs et cinéphiles, Quantum Break débarque enfin dans nos contrées européennes pour nous filer un peu de frais dans les exclusivités de Microsoft. Après Alan Wake et une histoire au cœur d'un écrivain, Remedy s'attaque au temps et aux relations pour proposer une expérience inédite. Vaut-elle le coup ?

Sans aucun doute l’exclusivité la plus attendue de ce début d’année pour les joueurs Xbox One et PC, Quantum Break est arrivé après un report ce 05 Avril 2016 pour les plus grands fanatiques de scénario cinématographique aux somptueux graphismes. C’est ce qui ressort tout du moins immédiatement lorsque l’on regarde un peu Quantum Break d’un œil avant de s’y prêter sérieusement, et croyez-nous, cette première impression n’est pas trompeuse et le titre de Remedy est clairement une nouvelle exclusivité à toucher !

*Lors de la réalisation du test, nous avons opté pour la voix originale sous titrée en français pour apprécier la performance des acteurs. La VF n’est pas mauvaise, mais il est à noter que de nombreuses langues sont incluses dans le jeu et que la VO est de qualité.

Remedy,  talentueuse patte scénaristique

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Alan Wake* n’est plus à prouver pour les fans de scénario profond dans un jeu vidéo. Doté d’une expérience sombre sans être horrifique pour autant, d’un gameplay accrocheur avec une intrigue prenant aux tripes, Remedy avait déjà prouvé son talent dans le jeu vidéo mélangé au 7eme art. Alors que vaudrait Quantum Break avec ce savoir-faire accru ?

A peine plongé dans Quantum Break, le ton est lancé. Jack, le protagoniste abordant le charisme de l’acteur Shawn Ashmore rejoint son meilleur ami Paul Serene à sa demande, interprété par Aidan Gillen, dans une université où ce dernier a réalisé une expérience qui pourrait « changer le monde ». Savant d’avance ce qui nous attend grâce à l’intrigue principale du jeu – celle d’une fracture du temps-, nous ne tardons pas trop à en venir au but et serons immédiatement jeté dans les répercussions du désastre qu’aura causé la fameuse expérience.

Sans en dire plus, l’ami deviendra l’antagoniste ayant monté une société répondant au nom de Monarch Solutions. Peut-être un peu confuse au début mais mieux ficelée au fil du temps, la narration est menée avec une magnifique précision. Les informations facultatives liées au scénario ne sont pas trop nombreuses et amplement suffisantes pour plonger le joueur un peu plus dans l’aventure. Échange de mails, radio, SMS, rapports, tous ces éléments devront êtres collectés afin d’approfondir le savoir et l’immersion que propose Quantum Break.

A noter que le jeu peut comporter un scénario avec plusieurs petits détails différents grâce à des choix à réalisés aux côtés de Paul Serene, qui influeront sur le long de l’aventure mais qui ramèneront à la même fin. Cette dernière d’ailleurs nous laisse assez bouche-bée, et nous laisse sous-entendre plusieurs choses. Présence de DLC ou Quantum Break, à suivre ! Pour la durée de vie, autant dire qu’elle reste plus que correct pour un jeu de cette envergure, puisqu’entre 8 à 10h sont suffisants pour terminer le jeu une première fois, mais le double pour ceux qui souhaitent découvrir les autres alternatives tout aussi intéressantes du scénario. Évidemment, les choix n’influent pas toute la trame du jeu, mais aura le mérite d’apporter quelques détails supplémentaires et inédit pour une seconde partie.

Également, prenons par exemple que vous jouez au jeu, et que vous faites une pause de disons 4-5 petits jours, ou que vous souhaitez simplement vous rafraîchir la mémoire, Remedy a eu la brillante idée d’apporter un menu Chronologie accessible par une touche. Ce menu comportera l’intégralité de la progression parcourue en plus des informations recueillies et leur répartition dans le niveau. Mais mieux encore, il permet également de visionner à tout moment la série live-action tournée pendant le développement du jeu, et réalisée avec les vrais acteurs respectifs. Un plaisir à visionner, évidemment, et facultatif qui plus est.

Petit astérisque au sujet du jeu Alan Wake, quelques easter-eggs sont présents dans le jeu. Il arrive parfois de retrouver des éléments comme des courts extraits de romans, des noms revenants ou quelques clins d’œils visuels. Pour ceux qui ne le sauraient pas d’ailleurs, le nom Serene, celui de l’antagoniste, n’est pas anodin dans Alan Wake.

La série Quantum Break, l’élément qui fait son petit effet

Quantum Break

A chaque changement d’actes durant votre aventure, un épisode de la série live-action durant une petite vingtaines de minutes fera son apparition et vous serez apte à choisir si vous souhaitez le visionner, le télécharger gratuitement depuis le marché Xbox, ou passer immédiatement à l’acte suivant. Il faut dire que si le jeu vous plaît dans sa trame scénaristique, nous vous recommandons très fortement d’approfondir vos connaissances en visualisant ces épisodes qui se révèlent magnifiquement bien tournés, respectifs de l’environnement et du thème du jeu, et qui est de plus tournés avec les vrais acteurs.

La possibilité de les voir à tout moment depuis le menu Chronologie est évidemment de la partie, et par ailleurs, il serait préférable pour votre capacité de stockage de les visualiser plutôt que les télécharger. Pourquoi ? Parce que 77 Go d’espace libre est requis sur votre disque dur, et vous-même savez que ça fait bien mal pour la mémoire de votre plateforme. Surtout pour les modèles Xbox One de 500 Go ! Comme un petit message avant chaque épisode le précise, « Quantum Break est à la fois un jeu et une série, fusionnés en une expérience unique ». Évidemment, ce choix et format ne fera pas plaisir à tout le monde, puisqu’il vise majoritairement les cinéphiles de préférence et les passionnés de scénarios entraînant et complet.

La série en elle-même se porte très bien. De nombreuses références Microsoft sont à noter, comme la présence de Windows Phone, Windows 10… le petit point drôle quoi. En revanche, aucune VF n’est de la partie. La série est intégralement et exclusivement en Anglais, sous-titrée évidemment en Français chez nous. Notez que la possibilité de retirer ces sous-titres spécialisés pour les sourds et malentendants (description des sons environnementaux ou corporels, des états…) est présent. Il est à préciser que parfois, dans de rares cas, il manque des sous-titres. Ce manque est malheureusement dû à une mauvaise synchronisation de la voix et des textes.

Toutes les qualités d’une narration cinématographique en jeu vidéo

Pour le vif du sujet, la série doit impérativement être regardée pendant l’aventure, c’est à dire qu’il n’est fortement pas recommandé de regarder l’épisode 1 avant d’avoir réalisé le prologue. En effet, il n’y a pas de début dans les épisodes, tout repose sur la trame du jeu immédiatement. Regarder la série complètement à part n’est donc pas bénéfique, il vous faudra donc compléter le jeu si vous souhaitez regarder tous les épisodes avec compréhension.

Cette dernière n’est évidemment pas dépourvue d’effets spéciaux liés au jeu. Arrêt de temps, scènes d’actions, explosions, la série Quantum Break reste une série agréable à visionner pour l’immersion du jeu et son divertissement. Évidemment, deux déroulements de la série seront de la partie, en fonction de vos choix aux côtés de Paul Serene. Alors action, révélations, interrogations, la série live-action est un mélange de part entière et de liens avec la trame principale du soft. A visualiser !

Le gameplay novateur n’est pas ici

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Bien que la manipulation du temps soit au cœur de d’aventure, celui-ci affectera également le gameplay mais se sentira un peu seul à vrai dire. Jack, le protagoniste jouable, est habile avec les armes à feu grâce à un entrainement dans sa vie, mais ne saura rien faire d’autre que tirer. Effectivement, Remedy ne semble pas s’être totalement penché sur les capacités humaines en termes d’action, ainsi, les limites de gameplay se font vite ressentir. Viser et tirer seront les seules actions humaines possibles, et devront obligatoirement être combinées, ce qui signifie que le tir aveugle n’existe tout simplement pas. Vous l’aurez compris, la peine s’en viendra donc au gameplay qui bien qu’il soit très simpliste et très correct, manquera de petits éléments qui auraient pu faire de Quantum Break l’une des meilleures exclusivités Xbox et PC jamais conçues.

Le système de couverture est automatique, aucune touche n’est donc assignée, et se ne se révèle pas si mauvais à l’instar d’un Rise of the Tomb Raider, bien que ce soit tout de même parfois un peu capricieux. En revanche, le manque de tir aveugle est sérieusement quelque chose d’extrêmement pénalisant. L’incapacité de Jack de tirer sans viser fera resurgir de nombreuses frustrations, étant donné que celui-ci sera obligé de sortir de sa cachette pour tirer. Disons que lorsque vous êtes dans une cruelle situation, sur le point d’un game over et qu’un ennemi se trouve juste derrière votre obstacle, eh bien vous êtes prêts pour un try again. Il en va de même lorsqu’un ennemi vient vers vous.

L’impossibilité de changer d’armes en rechargeant – et donc d’annuler le rechargement – est également handicapant dans certaines situations, surtout quand on y retrouve une IA plus poussée que la normale, permettant aux ennemis de venir vous déloger lorsque vous restez trop longtemps à couvert.

Les armes dans leur globalités suffisent pour satisfaire, 3 catégories que sont les armes automatiques, armes de poing et gros calibres. De bonnes variétés sont de la partie, mais la précision de celles-ci peuvent parfois sonner confus. Un fusil d’assaut avec un viseur reflex n’est pas si précis qu’il ne devrait l’être, ce qui peut parfois s’avérer embêtant et préférer systématiquement les tirs en coup par coup. Il semble également tout de même un peu étrange que les armes de poing ont toutes les munitions infinies, quel que soit le mode de difficulté.

Un gameplay pourtant simple, mais addictif

L’absence de corps à corps est également quelque chose de rebutant, mais peut se faire pardonner grâce aux pouvoirs. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas négligeables, et sont très bien intégrés au gameplay de base. Jack sera donc en mesure de stopper le temps sur une zone, lui offrant la possibilité de tirer de nombreuses balles afin qu’elles puissent par la suite réaliser de gros dégâts. Il pourra également faire une « explosion temporelle » (ce qui s’apparente à une grenade on va dire), se protéger d’un « bouclier temporel » stoppant tout dégât de l’extérieur de ce bouclier, ou bien réaliser ce que l’on qualifierait d’ « effet Flash Gordon« , un dash. Jack se déplacera un court instant à une vitesse si rapide que cela s’apparenterait limite à une téléportation, et pourra bousculer un ennemi pour l’éliminer ensuite. Pour le dernier pouvoir de la liste, vous aurez droit à quelque chose de très similaire avec la vision d’aigle que l’on retrouve dans les opus Assassin’s Creed, appelée sobrement Vision Temporelle. Elle consistera donc à détecter les ennemis à travers les murs et les marquer en rouge, en plus de découvrir quelques éléments annexes à ramasser dans le jeu. Tous ces pouvoirs seront « infinis » à condition que le cooldown  (temps de rechargement d’un pouvoir) se termine.

Un menu visant à améliorer les effets de vos sorts est de la partie, mais ne permettra pas d’en débloquer de nouveaux. Seule l’histoire en sera capable. Vous aurez donc la possibilité d’améliorer jusqu’à 3 fois chaque compétence, augmentant quelques critères comme la recharge, la cadence d’utilisation et j’en passe.

Techniquement et graphiquement, ça tient la route

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L’atout majeur de Quantum Break, comme nombreux d’entre vous auraient pu le remarquer, c’est indéniablement sa qualité graphique. La modélisation des personnages et de l’environnement a un rendu tout à fait sublime, reprenant de nombreuses capacités techniques de la Xbox One et PC. Ne profitant en revanche pas de DirectX12 sur consoles, le jeu se porte bien malgré tout avec de très jolis effets dus aux arrêts de temps, et à une motion capture tout à fait honnête. Le casting aura donc joué un rôle de force, et aura nettement réussi le pari de réaliser un divertissement mi-cinéma, mi-jeu vidéo.

En termes de framerate, la Xbox One a peu de soucis à se faire puisqu’elle ne flanche que rarement. A vrai dire, il est difficile de descendre sous les 25 fps, il est même rare voire inexistant que le jeu subisse une telle baisse. De ce fait, peu de ralentissements sont à prévoir, et ce, malgré le léger flou cinétique, l’anticrénelage, le filtre un peu « grain » qui rend le jeu un peu plus « film » et tout les effets rendus dans le jeu. En outre, nous obtenons un résultat graphique et technique complet, et réussi. Cela dit, il nous est arrivé quelques fois (disons 10-15 fois après 10h de jeu) de retrouver un peu de clipping dans certains niveaux, ne gâchant évidemment pas l’expérience, mais qui fera peut-être grincer des dents pour certains perfectionnistes.

Au sujet de la résolution 720p, le choix est tout simplement le meilleur de la part de Remedy. Si nous savions que le 1080p fait son effet depuis la sortie de cette génération de console, et qu’elle n’est que difficilement atteinte pour la Xbox One qui fait de son mieux, il est judicieux de la part des développeurs d’avoir joué la carte de la basse-résolution HD. De toute manière, l’upscaling ne rend pas moche pour autant, et les zooms sur les textures ne donnent pas un résultat si « baveux » que ça. Remedy a justifié ceci par la présence d’un anticrénelage 4x MSAA. Donnez également un jeu de lumières très réussi, surtout dans les lieux clos fenêtrés, et vous obtiendrez un choix de qualité de la part des développeurs, pour un jeu de qualité.

En somme, Quantum Break a un rendu fidèle, réel et immersif pour le joueur en toutes qualités.

Un casting comprenant de nombreux talents

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Pour conclure ce test de Quantum Break, nous allons faire un petit tour sur le merveilleux casting de Quantum Break. C’est peut-être banale pour certains, mais choisir les visages pour les rôles de chaque personnages, c’est un choix assez difficile et important. Ici, tout semble être fait pour que l’on ne se rende compte de rien, que tout est vraiment normal. Paul Serene est évidemment l’antagoniste, et on le devine depuis le début. William, le frère de Jack a ce côté « schizophrénique » comme résumé dans le jeu. Jack a tout du charisme d’un héro principal. Les autres rôles sont évidemment réalisés avec succès, ce qui rends donc ce Quantum Break encore plus immersif grâce à ce casting de qualité :

Jack Joyce : Shawn Ashmore (X-Men)
William/Will Joyce : Dominic Monaghan (Seigneur des Anneaux)
Paul Serene : Aidan Gillen (Games of Thrones)
Martin Hatch : Lance Reddick (Fringe)
Beth Wilder : Courtney Hope (Divergente 3)
Liam Burke : Patrick Heusinger (Black Swan)

Les personnages ci-dessus sont donc une partie du talentueux casting. Tous remplissent également leur rôle dans la série présente entre chaque acte dans le jeu, avec leurs personnages respectifs. Remedy a donc réalisé un sans faute pour la rédaction d’ActuGaming.

Le casting de Quantum Break fera rêver de nombreux joueurs cinéphiles, et ils auront tout simplement raison de s’essayer à cette œuvre. Le dernier bébé de Remedy fait honneur à ce que l’on espérait depuis son annonce, et malgré un effrayant petit report, il sait se faire pardonner grâce à ses qualités graphiques et scénaristiques indéniables. On retiendra malgré tout un gameplay peut-être pas assez poussé, mais qui suffira largement à tous les joueurs lambda ou avancés pour progresser dans l’aventure. La rejouabilité est également à l’honneur grâce aux différents choix proposés, et le plaisir restera identique à chaque partie. Remedy et Microsoft peuvent se féliciter, nous avons un tout nouveau titre exclusif qui nous donne une belle source de fraîcheur !

8 10

Quantum Break

Points positifs

  • Gratuit sur PC pour les détenteurs de la version Xbox One
  • Un magnifique rendu cinématographique
  • La série live-action très prenante
  • Les pouvoirs de Jack nous rendent accros
  • Un scénario qui tient du début à la fin
  • Bonne rejouabilité
  • Un merveilleux casting

Points négatifs

  • Une précision de tir un peu calamiteuse
  • Pas de tire à l'aveugle, ni de corps à corps
  • Le côté TPS aurait pu être approfondi
  • Pour chipoter, peut-être de mauvais checkpoints
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