Test Massira – Un jeu qui résonne plus que jamais avec l’actualité

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Massira, premier jeu pour le studio espagnol Frost Monkey, est sorti le 20 février.

Rarement un jeu aura autant résonné avec l’actualité comme Massira. Développé par le studio espagnol Frost Monkey, il s’agit de leur toute première création. Inspiré de faits réels, le jeu raconte le périple d’une petite fille Numi et sa grand-mère Yara en partant de la Syrie jusqu’en Europe. Un long chemin de croix, qui débute par des bombardements, et qui finira par une arrivée en Europe pas si simple que cela. Par l’intermédiaire de séquences de puzzle-game et d’exploration, Massira risque de ne pas vous laisser indemne. Sorti le 20 février dernier, il est disponible sur le PS store pour un prix de 12,99 €.

Une ode à la vie, jonchée de cadavres

Massira

Et tout commence assez fort. Vous faites à peine connaissance avec la petite fille que vous suivrez tout le long de Massira, que les bombardements commencent. En chemin pour l’école, tout ce que Numi connaissait est détruit. Et c’est à partir de là que l’histoire commence. À travers une séquence d’infiltration, où vous devrez éviter à tout prix des soldats qui semblent être responsables des bombardements, vous devrez vous faufiler pour retrouver votre famille. Vous finirez par retrouver votre grand-mère, et l’aventure continuera à deux. Vous aurez d’ailleurs la possibilité de contrôler Yara, votre grand-mère, pour vous aider dans les nombreuses énigmes. Et au fur et à mesure de votre progression à travers la Syrie, jusqu’en Turquie puis en Europe, vous allez croiser des personnes qui ne vous veulent pas que du bien, au contraire. Entre traite d’enfants, passeurs peu scrupuleux et profiteurs en tout genre, Massira a la qualité de faire prendre conscience de tous les dangers qui sillonnent la route des réfugiés.

À noter également les graphismes low poly très bien réalisés. Par ailleurs, les visages de tous les personnages sont absents, et permet au final à tout un chacun de se mettre à la place du personnage. Et c’est finalement le but de Massira : vivre et comprendre le parcours de vie d’une personne qui fuit la guerre. Et de ce côté-là, c’est réussi. La bande-son est également un succès, et varie en fonction des régions que vous allez visiter. Petit coup de cœur pour la musique lorsque vous arrivez en Turquie.

Une forme relativement pénible

Massira

Côté gameplay, c’est simplifié à l’extrême. Il s’agit plutôt ici d’un jeu qui raconte une histoire, tout le côté gameplay est finalement assez accessoire. Les énigmes sont relativement simples, quand le jeu n’est pas bugué. Quant aux quêtes proposées tout au long de l’aventure, elles ne sont clairement pas utiles, et paraissent être là pour meubler et pour justifier le fait qu’il s’agisse d’un jeu vidéo et pas d’un film. Pour autant, certains passages permettent de mettre en lumière certaines horreurs, comme la traite des enfants. En effet, dans une quête, vous devrez livrer du tissu et le poser sur des machines à coudre, où travaillent de nombreux enfants. Mais malheureusement, la grande partie des quêtes ne sont pas aussi fortes, loin de là.

Le gros point noir du jeu, c’est la gestion de la vue. La caméra est capricieuse au possible, avec une sensibilité très élevée. Et malheureusement, les paramètres ne permettent pas de modifier cette sensibilité. Autant vous dire que vous sortirez du jeu avec un mal de tête et une frustration plutôt élevée. Les nombreux bugs de vue gâche une grande partie de l’expérience de jeu, et rendent certains passages presque injouables. Comment éviter des soldats, sachant qu’il faut traverser toute la pièce, mais que vous ne voyez pas ces dits-soldats parce que la caméra est buguée ? Avec un peu de chance, et de nombreux essais, vous y parviendrez. Mais la frustration sera au rendez-vous. Sans compter les passages où vous vous approchez un peu trop d’un mur, et que la caméra bouge dans tous les sens sans arriver à se stabiliser. Les animations, notamment de course, ne sont pas vraiment réussies non plus. Quand Numi court, vous avez plutôt l’impression qu’elle a une envie pressante…

Des à-côtés plutôt accessoires

Massira

Côté objectif, vous allez avoir la possibilité de récupérer différents objets tout au long de l’aventure, notamment des journaux et des lettres, ce qui rajoutera un peu de contenu à l’histoire. Les journaux remettent les choses dans le contexte réel, avec des articles sur la guerre en Syrie et sur tous les événements qui s’y rapportent. De quoi ramener du réel dans le virtuel. Concernant les lettres, elles concernent Numi, Yara et sa famille. Vous découvrirez notamment la correspondance qu’entretient la jeune fille avec son grand-père, en lui racontant toutes leurs péripéties. Vous aurez également des objets à récupérer. Tous ces items sont listés dans le menu, et vous saurez exactement combien il faut que vous en récupériez par étape. Quand les journaux et les lettres rajoutent du contenu dans l’histoire, les objets sont de leur côté presque inutiles. La seule utilité de récupérer tous les objets, c’est d’obtenir un trophée PSN, rien de plus.

Pour conclure, il est clair que Massira est un jeu plutôt ambivalent. D’un côté, on a une histoire qui mérite le détour, et qui permet d’éveiller les consciences. Frost Monkey a au moins la qualité d’avoir voulu mettre en lumière, dans un jeu vidéo, des réfugiés de guerre. De l’autre, un gameplay peu évolué et une gestion de la caméra carrément ratée. Cela pourrait être pardonnable, si les bugs et les soucis de caméra ne gâchaient pas totalement l’expérience de jeu.

L'avis de l'auteur

Rarement un jeu aura été si compliqué à juger pour moi. Le fond, l'histoire racontée, est clairement en résonance avec l'actualité. Et Massira nous permet vraiment de se rendre compte de la vie dans un territoire en guerre et la complexité des relations humaines. Quand la société se ferme de plus en plus, il est de bon ton de mettre en lumière des jeux comme cela, qui permettent de se mettre du côté de l'opprimé. Quant à la forme, c'est une autre histoire... Entre bugs et soucis de caméra, le jeu devient vite pénible et injouable. Et c'est vraiment dommage ! Gageons de retenir le positif de ce jeu : une prise de conscience nécessaire.

Baylou
b
Note du panda
4.5 10

Points positifs

  • Une résonance avec l'actualité plus que bienvenue
  • La bande-son
  • Les graphismes low poly

Points négatifs

  • Une caméra trop capricieuse
  • Pas de traduction française
  • Des énigmes parfois tordues
  • Une IA pas très intelligente...

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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