TEST. Far Cry Primal – Un retour à la préhistoire

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Après avoir proposé des époques plus ou moins proches à la notre, Ubisoft tente d'aller un peu plus loin et nous plonge dans la préhistoire. Une prise de risque non négligeable qui pourrait remettre en question certains aspects de la célèbre franchise du studio, notamment au niveau de la liberté et de la modernité des armes. Alors, vaut-il son étiquette d'un des jeux les plus attendus de l'année ?

Grimpons à dos de mammouths et dirigeons-nous dans les vastes landes de ce que proposait notre monde en l’an 10.000BC. Parce que oui, Far Cry Primal nous emmènera dans une époque lointaine, là où les armes à feu étaient remplacées par des lances et où les hommes ne parlaient pas encore de langues modernes.  Un virement de bord plutôt inattendu, nous qui étions habitué à quelque chose de plutôt dynamique et en parallèle avec notre époque.

Et pour cause, Ubisoft décide de changer de nom et reprends le même principe qu’Assassin’s Creed, mettre le chiffre de côté pour ajouter un acronyme en référence avec l’intrigue du titre. Sans doute pour éviter d’avoir une série à 36 chiffres (imaginez un Far Cry 24 ?), c’est également l’occasion de proposer quelque chose de différent et tenter d’apport un certain vent de fraîcheur.

Enfin le Far Cry 4 ?

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Bien que très bon, le dernier volet de la franchise fût quelque peu critiqué par un manque de nouveautés, reprenant le gameplay et les mécanismes de Far Cry 3 mais sans apporter sa plus-valus personnelle. Fait que l’éditeur français souhaite changer ici en proposant une époque bien différente que ce que l’on a habituellement et espère proposer à ses joueurs un certain dépaysement. Et force est de constater que nous plonger dans l’ère de la préhistoire nous fait perdre quelques repères.

Vous incarnez donc Takkar, notre protagoniste qui partira à la recherche de nouveaux membres de sa tribu Wenja, décimée ci-et-là. Son objectif sera donc de faire de nouvelles rencontres et de parcourir la vallée d’Oros pour se reconstruire un entourage dans un monde où les Izila et les Udam sont en perpétuelle querelle. Si l’introduction ne vous apprends quasiment rien sur l’histoire-même du jeu, vous remarquerez assez vite qu’il n’y a aucune réelle profondeur à celle-ci.

Avoir choisi la préhistoire est un excellent choix et apporte une qualité indéniable à Far Cry Primal

En effet, si l’on peut se dire que le début du jeu est fait de sorte à ne pas trop nous donner d’éléments sur la trame scénaristique, afin d’en apprendre petit à petit sur ce qui est arrivé aux différentes tribus notamment, on sera vite déçu de savoir qu’il n’y a rien d’exceptionnel. Si Far Cry 4 proposait lui aussi une histoire simple et sans bouleversement notable, nous avions au moins l’archétype-même du héros qui vient sauver ses proches et libérer le territoire d’une menace ennemie. Ici, on évolue doucement, on n’apprends que peu de choses véritablement chocs, et si le scénario n’est pas mauvais en soi, il n’aura rien d’exceptionnel. On progresse sur la carte comme ses prédécesseurs, et c’est tout.

A contrario, si ce sentiment de légèreté règne, notamment avec une langue étrangère et incompréhensible (logique me direz-vous), la période historique fait mouche. Rarement mise en avant dans l’univers du jeu vidéo, la préhistoire apporte un énorme point fort au soft, transportant le joueur dans des paysages magnifiques et vierges de toute industrie. Ainsi, on laissera avec plaisir son bon vieux fusil de côté pour attaquer à l’arc ou une autre arme tout juste confectionnée grâce à diverses ressources collectées.

Far Cry Primal n’apporte pas vraiment de nouvelles fonctionnalités ou d’une énorme remise en question. Toutes les bases d’un bon Far Cry sont là et l’on se retrouve comme d’habitude avec un gameplay soigné, un système de crafting et une évolution progressive de son personnage. Et si la chasse est toujours présente, les affrontements avec les autres êtres humains seront aussi de la partie, prétextant les conflits entre tribus. Malheureusement, on dénote clairement le côté répétitif du titre. Cette absence de véritable scénario rend assez plat votre aventure, celle-ci vous baladant dans les différents recoins de la vaste carte en répétant des objectifs similaires. Et puis qu’on se le dise, l’IA pas toujours très folichonne n’aide pas vraiment à se distinguer.

L’on retrouvera ainsi divers emplacements à capturer, de l’habituel avant-poste à reprendre aux autels que l’on se doit de visiter pour augmenter ses statistiques et booster son karma. L’évolution des armes se fera également grâce à diverses ressources que vous devrez collecter au cours de votre exploration, vous permettant par exemple, de crafter votre premier arc à l’aide d’éléments ramassés dans la nature. Ainsi s’installe une certaine sensation de survie, qui était, certes, présente dans les précédents opus, mais clairement moins ressentie que dans ce dernier épisode.

En effet, être plongé dans un univers peu retranscrit dans le jeu vidéo nous donne ce sentiment d’être démuni, soutenu par le fait de ne posséder aucune arme moderne. De plus, et c’est un aspect qui m’a particulièrement plu, si croiser certains fauves nous met sur nos gardes, c’est d’autant plus impressionnant lorsque l’on se retrouve face à un groupe de félins qui se déplacent en bande. Il est donc tout à fait probable de se faire surprendre alors que vous comptiez attaquer un camp ennemi.

Par ailleurs, la présence d’un cycle jour/nuit dans ce milieu sauvage insiste également sur l’aspect survie qui se veut bien plus présent que ses grands frères. Et si bien sûr, il n’y a pas de mécanisme propre à ce genre de jeux, ce sont davantage des sentiments et ressentis qui s’en dégagent, comme si nous n’étions qu’un simple homme perdu, face au redoutable monde qui l’entoure. Du coup, on se surprendra à faire attention à notre environnement quand le crépuscule est passé et que l’obscurité nous guette. Il faudra alors faire en sorte de posséder une torche et se déplacer silencieusement pour ne pas se faire agresser par un quelconque ennemi.

Moi, manger mammouth !

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Préhistoire oblige, vous n’aurez bien évidemment que peu d’armes pour vous défendre. Adieu le lance-roquettes, dites au revoir aux fusils automatiques, confectionnez vos arc et vos flèches, prenez en main votre machette et terrassez vos ennemis à l’aide de votre sagaie. Si ces armes apportent une certaine lenteur voire parfois, une petite lourdeur dans vos combats, ils apportent également un peu plus de réalisme. L’arsenal de guerre que nous pouvions avoir dans les précédents Far Cry ne fera plus de vous un tueur sur patte mais bien quelqu’un d’un peu plus réfléchi. Ainsi, le jeu arrive à trouver un parfait équilibre entre difficulté rencontrée et fluidité de jeu, poussant notre plaisir à son paroxysme dans certains situations.

Bien que je ferais l’impasse sur les points habituels de la franchise, à savoir le système de progression et de collecte très similaire à ses prédécesseurs, je tiens cependant à soulever un point important : vous vous retrouverez avec un gameplay identique, à la limite du critiquable par rapport à ce que l’on avait auparavant, mais très rapidement, on sentira une réelle sensation de liberté et un sacré vent de fraîcheur, le tout étant dirigé par une époque qui impose ce changement. Parce que oui, effectivement, le fait de se sentir faible dans un milieu si hostile nous pousse à prendre une stratégie différente et va venir façonner notre façon de jouer avec une approche plus tactique. De ce fait, si les bases sont bien les mêmes, le simple fait de se retrouver dans une époque si lointaine va venir chambouler nos habitudes.

Explorer n’aura jamais été aussi incroyable qu’en chevauchant un mammouth

Autre aspect du gameplay et non négligeable, c’est la possibilité de dompter des bêtes. Si l’on pouvait déjà faire recourt à des animaux dans les aventures de Ajay Ghale en lançant de la viande, ici, vous pourrez tout simplement faire « ami-ami » avec un mammifère. Ce nouvel élément est clairement le second point le plus important du titre après son univers. Vous pourrez ainsi chasser, voyager et combattre avec la plupart des créatures présentes et ce, assez rapidement.

Un hibou vous permettra par exemple de faire un repérage autour de vous tandis qu’un loup ira sauter à la gorge d’un assaillant. Les mammouths quant à eux, se laisseront bien évidemment grimper pour voyager, le tout étant déblocable et améliorable en fonction de vos compétences et des points dépensés dans l’arbre correspondant. Ainsi, et au fil du temps, votre ennemi deviendra votre allié et deviendra une composante non négligeable à votre survie.

Malgré son côté répétitif et sa trame scénaristique en retrait, Far Cry Primal est un excellent opus à la franchise phare d’Ubisoft. Si celui-ci reprend les mêmes bases qu’habituellement, l’univers de la préhistoire est parfaitement bien intégré, insistant sur un aspect survie omniprésent mais loin d’être imposé. Totalement immersif, cet univers accentue également un certain dépaysement permettant de jouer sur certaines composantes intéressantes, comme le manque d’armes modernes et surtout, la possibilité de dompter la plupart des animaux. S’il serait difficile d’affirmer qu’il s’agit d’un des meilleurs jeux de la licence, on ne peut en aucun cas contredire le fait que Far Cry Primal est un excellent titre et une belle balade à faire à l’âge de pierre.

La note de l'auteur

J'ai apprécié ce Far Cry Primal avec son univers et il est difficile de lui trouver des défauts. Le souci, c'est que j'ai clairement l'impression de voir un Far Cry 4 qui était déjà lui-même un Fary Cry 3.5 mais dans un univers préhistorique...

Julien
d
Note du panda
7.5 10

Points positifs

  • Un univers impressionnant
  • L'aspect survie omniprésent sans être dérangeant
  • Domptez des félins
  • Belle bande-son
  • Durée de vie respectable
  • Joli, monde agréable à parcourir
  • Progression dosée et bien équilibré

Points négatifs

  • Assez répétitif
  • Une IA perfectible
  • Histoire principale et scénario en retrait

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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