TEST. DragoDino – Une aventure dinosauresque made in France mignonne et agréable

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Disponible depuis le 20 juin dernier sur PC, Mac et Linux, le titre indépendant de TealRocks Studio qu’est DragoDino, s’est fait tout petit et n’a pas véritablement fait beaucoup parler de lui. Pourtant, cette production made in France orientée action, platformer et rogue-like, a tout pour plaire.

Production indépendante oblige, DragoDino est pratiquement passé inaperçu à sa sortie officielle. Mais qu’à cela ne tienne, nous allons tenter de le propulser vers la lumière, avec le test de ce titre indépendant 100% Français, qui reste une bonne trouvaille dans le fond.

Bob à la recherche de son oeuf de DragoDino !

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Les p’tits gars de TealRocks Studio semblaient avoir de la suite dans les idées avec l’intrigue de DragoDino, mais ce ne sera hélas pas quelque chose de véritablement oufissime. Avant de débuter le titre, nous aurons le droit à une cinématique avec de jolies illustrations et mettant en scène Bob, un DragoDino ayant perdu son propre œuf. Vous vous en doutez, son but ultime sera de le retrouver par tous les moyens. Et c’est tout concernant l’intrigue principale, vraiment assez légère, et qui aurait mérité d’être un peu plus approfondie.

Vous devrez donc parcourir pas moins de neuf petits niveaux – en sus d’un niveau secret -, afin de récupérer votre précieux œuf. D’ailleurs, il est bien regrettable que le titre ne se dote que d’une cinématique au début, et d’une cinématique à la fin, mais il n’y a à aucun moment de quelconques cinématiques pour parvenir à étoffer un tant soit peu l’intrigue, ce qui est fort dommage. Même notre personnage, aussi mignon soit il, n’est finalement que peu mis en avant, et aurait mérité quant à lui un petit développement pour s’attacher encore plus à cette créature tout mignonne. Néanmoins, on appréciera à juste titre la tonne de clins d’œil qu’il y a dans la soft, allant de Sonic à Fantasia.

Malgré une trame pas forcément intéressante, DragoDino met le paquet sur la direction artistique, vraiment charmeuse.

Mais ce qui nous fera passer outre ce scénario totalement oubliable avec une fin laissant présager une suite, DragoDino nous en mettra en revanche plein les mirettes de par sa direction artistique, qui a franchement de la gueule. Le style graphique typé cartoon est franchement bien foutu pour une production indépendante, donnant d’ailleurs un cachet vraiment tout choupi et mignon à souhait. Les décors restent très colorés, avec le soucis du détail sur les niveaux, mais également un level design vertical particulièrement bien construit et soigné.

La variété est aussi omniprésente sur les différents niveaux, notamment avec son côté rogue-like qui change de place les ennemis et les décors à chaque partie, chose assez appréciable, et privilégiant significativement la rejouabilité du soft. Du tout bon pour le côté artistique de DragoDino, même si nous pourrons amèrement regretter des arrière-plans particulièrement floutés, et manquant un peu de détails. Mais pour le reste, c’est beau, propre, fluide, et son côté mignon fait le café incontestablement. De plus, en sus des cinématiques de début et de fin soignées, on trouvera des animations au niveau des ennemis plutôt sympathiques, et puis les adversaires à affronter durant votre périple seront quant à eux assez variés.

Un mélange de genres qui prend bien

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Qu’on se le dise, DragoDino aura bien la particularité d’effectivement mélanger pas mal de genres dans son gameplay entre son côté action, platformer, et surtout rogue-like. Et c’est ce dernier côté cité sur lequel nous allons nous attarder. Comme nous l’avons évoqué précédemment, les décors des niveaux seront générés procéduralement à chaque tableau du stage en question, ce qui aura le don de donner un taux de rejouabilité assez conséquent. De plus, et les hardcore gamers ne pourront que s’en réjouir, vous aurez un nombre de vies limité de base – trois, mais vous en aurez plus en récoltant pas mal de gemmes dans les niveaux – pour pouvoir finir les dix niveaux du jeu en une traite. Car une fois vos vies épuisées, ce sera un game over définitif, et vous devrez recommencer la campagne de zéro.

C’est dans un premier temps une subtilité qui pourra peut-être rebuter les néophytes en la matière, avec la difficulté du jeu. Car oui, les premiers niveaux sont plutôt faciles en soi, mais les choses commencent ensuite à se gâter petit à petit, avec une difficulté montant un peu crescendo. Il aurait donc été assez judicieux de pourquoi pas proposer un mode facile pour les débutants, en sus des modes normal et difficile, où vous bénéficiez respectivement de trois vies avec checkpoints, et d’une seule vie sans checkpoint. C’est le petit point noir que l’on pourra reprocher au soft vis-à-vis des néophytes du genre mais au-delà de ça, ce côté old school pourra plaire aux invétérés de ce type de jeu sans soucis.

Niveau gameplay pur maintenant, sachez dans un premier temps, vous aurez le choix sur votre première partie de choisir entre deux personnages -Bob ou Lola -. Deux autres protagonistes seront soit dit en passant déblocables une fois le soft fini. Chacun aura ses propres caractéristiques au niveau de la vitesse, du poids, ou encore de la santé. Ce sera par conséquent à vous de choisir le personnage avec lequel vous évoluerez sur les dix niveaux du jeu et par la suite, tout se joue à la manière d’un jeu d’action et de plateformes en 2D. Dans les différentes zones de chaque niveau, vous devrez systématiquement dézinguer avec le tir de votre DragoDino, des ennemis possédant un cristal bleu. Ce denier vous donnera la faculté de réaliser un super saut, chose assez pratique pour atteindre des plateformes auparavant inaccessibles. Ensuite, et une fois que vous aurez récupéré les cristaux en question, vous pourrez passer à la zone suivante et ainsi de suite. Cela peut paraître répétitif à la longue, mais sachez qu’une autre subtilité apparaîtra après le troisième niveau, mais nous vous laisserons la surprise pour ne pas vous en dire trop.

DragoDino est un rogue-like tout simplement mignon, avec un gameplay assez efficace.

Outre cette phase de récolte de cristaux pour passer à la zone suivante, notre DragoDino pourra également dégoter quelques power up en cours de route – tirer plus vite, lâcher des bombes pour étourdir les ennemis, être invincible un cours laps de temps etc… -. Le bougre pourra en porter seulement trois sur lui, mais aussi en acheter via les quelques boutiques disponibles dans certaines zones du niveau. Et ce qui est intéressant dans ladite boutique d’ailleurs, c’est que vous pourrez y stocker vos power up précédemment acquis, et éviter de les perdre bêtement si vous mourrez en les ayant sur vous par exemple. Cela vous forcera à adopter une stratégie pour stocker intelligemment vos power up, et ainsi éviter de devoir les acheter moyennant quelques pièces d’or, que vous récoltez dans les niveaux en fouillant la zone, ou en récoltant un certain nombre de gemmes. Les gemmes vous donneront d’ailleurs d’autres power up, des cristaux rouges pour charger votre tir, ou bien encore une barre de santé pour vous remettre d’aplomb.

Concrètement, on trouve là un gampelay simpliste mais complet avec ce système de power up que vous avez acquis en cours de partie et ce, de manière totalement procédurale encore une fois. Mais hélas, quelques défauts subsistent dans le gameplay. Même si les commandes sont plutôt bonnes en soi et répondent bien, ce ne sera pas toujours le cas des sauts, qui se dotent parfois d’une latence entre le moment où vous appuyez sur la touche, et le moment où votre DragoDino sautera à l’écran. Cela nous est arrivé quelques fois sur le soft, ce qui nous a paru tout simplement agaçant, en sus d’une imprécision qui vient parfois se greffer à cela, tout comme notre protagoniste qui glisse quelquefois sur une plateforme sans raison apparente… Néanmoins, le gameplay reste parfaitement calibré hormis ce soucis, mais nous ne pourrons que trop vous conseiller d’y jouer à la manette, tant le combo clavier/souris n’est pas forcément fait pour ce type de jeu… On regrettera aussi un choix de game design passé à la trappe, comme notre DragoDino qui est dans l’impossibilité de tirer vers le haut alors qu’il peut très bien le faire vers le bas par exemple…

Enfin pour la bande-son afin de clôturer ce test en bonne et due forme, DragoDino n’a d’ores et déjà pas de doublage en premier lieu. En effet, seulement des thèmes musicaux seront de la partie pour tenter de rythmer le soft. Les musiques collent d’ailleurs parfaitement avec l’univers mignon proposé, avec des musiques qui font office de clins d’œil notamment contre certains boss, pas originaux à combattre mais plutôt sympathiques par leur design et leur taille imposante. Mais au-delà de ça dans les niveaux à proprement parler, les mélodies seront juste sympas mais sans plus, et auront plutôt tendance à tomber dans l’oubli une fois le titre bouclé.

Sans trop de prétention, DragoDino est un bon petit jeu indépendant made in France. Son univers coloré tout bonnement mignon fait le café de A à Z, avec une direction artistique et un level design qui fait le boulot sans sourciller. Son côté rogue-like, action, et plateforme en 2D aura tendance à ravir les fans de jeux complètement old-school. Mais malheureusement, on ne pourra pas véritablement dire que le titre sera à mettre entre toutes les mains, la faute à quelques pics de difficulté en mode normal qui pourraient rebuter les débutants notamment. Des imprécisions, bugs et latences viennent entacher un peu l’expérience, et puis son intrigue est bien trop légère. Bienheureusement, on appréciera le côté rogue-like et procédural, saupoudrée d’un game design plutôt simpliste mais assez complet avec l’utilisation des power up notamment. En somme, même si le titre n’est vraiment pas parfait qu’on se le dise, il reste un jeu plus que distrayant, et qui se dote d’une durée de vie assez conséquente grâce au côté procédural du soft. Pour 11.99 € soit un prix correct, il serait dommage de passer à côté malgré tout. 

 
La note de l'auteur

DragoDino, c'est clairement un jeu que j'avais découvert pour la première fois lors de la PGW 2017, car je n'avais pas encore appris l'existence de cette production made in France. Et finalement, même si le titre a quelques accrocs et un manque de finition dans le gameplay, j'ai beaucoup aimé ce mélange entre action, platformer et rogue-like. J'affectionne d'ailleurs tout particulièrement les rogue-like avec ce côté procédural toujours efficace, et le truc, c'est que ça fonctionne plutôt bien sur DragoDino. On trouve là un jeu tout simplement old-school qui m'a ravi incontestablement, et puis l'utilisation des power up et l'affrontement contre les trois boss gigantesques du jeu m'ont beaucoup plu également. Très franchement, et si vous n'avez pas peur de la difficulté un peu relevée du soft même en normal, allez-y car ce jeu indépendant Français reste une bonne trouvaille. Au passage, il n'est pas tarifé de manière excessive - seulement 11.99 € -.

Matheus
a
Note du panda
7 10

DragoDino

Points positifs

  • Graphiquement mignon et coloré...
  • L'utilisation des power up
  • Un gameplay qui arrive à se renouveler au fil du jeu
  • Level design soigné
  • Durée de vie très honnête au vu du prix
  • Pas mal de clins d’œil en pagaille
  • Une difficulté propre aux rogue-like

Points négatifs

  • ... Mais dommage pour les arrière-plans un peu floutés
  • Quelques petits latences et imprécisions au niveau des sauts
  • Le scénario tient sur un timbre poste
  • Quelques bugs de collisions

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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