Test Aggelos – Vous reprendrez bien un verre de 1990 ?

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Fils spirituel de la série Wonder Boy, Aggelos nous embarque dans une aventure plus riche et retorse qu'elle n'y paraît avec une forte volonté de retrouver un feeling rétro.

Encore du néorétro ? Eh bien il faut croire que oui. À vrai dire, les étagères de Steam débordent tout simplement de jeux de ce genre. Alors qu’est-ce qui va faire qu’Aggelos sort du lot ? Déjà, lui cherche à retrouver le feeling de Wonder Boy et non pas des jeux qui se sont inspirés de la série de Ryuichi Nishizawa. À l’image de Bloodstained Curse of the Moon, Aggelos veut avant tout reproduire le feeling de l’époque quitte à oublier que nous sommes en 2018.

Aggelos santos

Aggelos

Aggelos pourrait parfaitement remplir la définition de « jeu vidéo » dans le dictionnaire. Notre héros se réveille, tombe sur une épée par hasard et se retrouve par la force des choses à sauver une princesse puis un royaume. Cinq minutes plus tôt il n’était qu’un jeune fermier solitaire, le voici propulsé héros de tout un peuple. Pas besoin de plus de contexte pour justifier un jeu d’action plate-forme en 2D avec un bouton pour sauter et un autre pour attaquer. Les déplacements de notre héros sont fluides et les bons feedbacks sur les coups d’épée rendent les affrontements plaisants. L’exploration et les combats forment un ensemble cohérent et rendent le jeu très agréable à parcourir. On ne peut pas en dire autant de l’interface qui est vraiment restée en 1988. Le concept même d’ergonomie a tout simplement été oublié par les développeurs et pas seulement au niveau de l’interface. Pas de prise en charge du cloud pour les sauvegardes, reconnaissance de la manette hasardeuse, quelques crashs lors de certaines scènes…

Rien ne nous aura empêché d’atteindre le bout de l’aventure sur l’aspect technique fort heureusement, même si cela n’excuse pas ces problèmes. Aggelos est tout de même assez doué pour inciter le joueur à revenir le voir. S’il ne le doit pas à son OST très inégale, il brille beaucoup plus sur la qualité des sprites. Exception faite du héros et de ses congénères humains qui sont tout ce qu’il y a de plus lambda (sauf quelques chouettes animations), les nombreuses créatures qui peuplent le monde du jeu sont bien plus amusantes à regarder. C’est encore plus vrai pour les boss, souvent très imposants par la taille avec des couleurs très vives. Ils sont aussi de loin l’aspect qui se détache le plus de la direction artistique du jeu, elle aussi très ancrée dans ses codes.

Recette de grand-mère

Aggelos

Le titre ne brille absolument jamais par son originalité, il ne cherche d’ailleurs jamais à casser les codes. Au contraire il a les deux pieds dans le ciment de l’action-platformer à l’ancienne et le revendique haut et fort. Sa force, il la puise plutôt dans son level design qui met en avant les bonnes sensations des déplacements du personnage. La progression n’est généralement bloquée que par un monde qui peut nous perdre un peu trop vite au départ, mais dans ses meilleurs moments, elle se laisse parfaitement suivre. Ceci est renforcé par deux courbes : celle de l’évolution de notre personnage et celle de la difficulté.

Aggelos est assez épatant dans sa façon d’amener le joueur vers des zones de plus en plus compliquées dans l’introduction, d’ennemis encore plus robustes que les précédents. Les deux premières heures de jeux sont une véritable petite promenade de santé si bien qu’on est très, et même trop, en confiance dès qu’il s’agit de débuter une nouvelle zone. Progressivement le compteur de mort s’alourdit et on réalise qu’on a vraiment passé un cap dans la difficulté. Jusqu’à la fin du jeu, qui est d’ailleurs bien plus long qu’il n’y paraît, ce cap est maintenu avec beaucoup de maîtrise et le joueur a véritablement le sentiment d’être bien plus fort qu’au départ, pas parce qu’il a de nouvelles armes, mais bien parce qu’il est devenu meilleur au jeu.

N’imaginez pas pour autant que vous allez passer tout le jeu avec une simple épée, bien au contraire. On débloque très régulièrement de nouvelles pièces d’équipements et de nouvelles compétences pour notre héros. Qu’il s’agisse de sorts comme des boules de feu qui serviront aussi bien au combat que pour résoudre des énigmes, ou bien de nouveaux mouvements (double saut, glissade, coup d’épée montant etc…), Aggelos n’oublie jamais de récompenser le joueur. Il y a aussi beaucoup de choses dissimulées dans le vaste monde du jeu et il ne faudra pas hésiter à régulièrement revenir sur ses pas pour fouiller le moindre recoin. Le titre a également la bonne idée de rapidement introduire un personnage qui vous donnera des indications (gratuitement et uniquement si vous le souhaitez) sur l’emplacement de la prochaine zone. Fini donc la frustration de tourner en rond pendant des heures parce qu’on a raté une porte.

Fondamentalement classique, Aggelos assume parfaitement son statut de madeleine de Proust. Son aptitude à assimiler les codes de l’action-plateformer 16 bits pour en tirer le meilleur est épatante, tout comme sa gestion de la difficulté et de l’évolution de son personnage. Peut-être aurait-il pu profiter de quelques facilités techniques de son époque pour affiner son expérience, notamment au niveau de son interface, mais il remplit tout de même son contrat : proposer une aventure 16 bits à l’ancienne.

La note de l'auteur

Chouette retour en arrière qui m'a rappelé mes grandes heures à aller jouer à la Mega Drive chez le copain quand moi je n'avais "que" la NES. J'ai passé 6 heures vraiment sympa mais qui ne resteront pas gravé dans ma mémoire. L'expérience jeux vidéo dans sa forme la plus bête et méchante, bien maîtrisé mais sans le génie de jeux comme Shovel Knight ou OwlBoy.

Toothpick
b
Note du panda
7 10

Points positifs

  • Level design solide
  • Courbe de difficulté parfaitement gérée
  • Evolution du personnage réussie
  • Quelques jolis sprites
  • Plus riche qu’il n’y paraît

Points négatifs

  • Gros soucis d’interface
  • Manque tout de même d’identité
  • OST inégale

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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