Test Anima: Gate of Memories – Un Action J-RPG né d’un kickstarter

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Né d'un kickstarter, c'est un certain Anima: Gate of Memories qui débarque ce 3 Juin 2016 sur nos PlayStation 4, Xbox One et PC. Il s'agit d'un Action J-RPG qui possède, il faut le dire, de nombreux atouts dans ses manches mais est-ce que cela va réussir à le rendre passionnant, addictif voire, indispensable ?

Anima: Gate of Memories est le fruit d’un kickstarter où la somme demandée était de $90, 000 et finalement, c’est plus de $110 000 qui ont pu être récolté. Le soft est donc un action J-RPG qui tire son univers des livres de rôle Anima: Beyond Fantasy. Mais ce n’est pas tout, la licence existe aussi en jeux de cartes et en wargame miniature.

Le kickstarter avait démarré en décembre 2012 et c’est quatre années plus tard que l’on peut enfin découvrir le résultat sur PlayStation 4, Xbox One mais aussi sur PC via Steam. Outre le fait de proposer de nombreuses références par rapport au jeu de rôle d’origine, Anima: Gate of Memories a pour but de nous transporter complètement dans son univers.

Un scénario recherché

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Anima: Gate of Memories nous emmène dans le monde de Gaia, un monde combinant le genre médiéval et fantaisie où une société appelée Nathaniel existe depuis des siècles pour protéger l’humanité des forces des ténèbres. Nos deux protagonistes font parties de cette compagnie et le premier ordre que l’on reçoit de cette dernière au début de l’aventure, c’est de récupérer un artefact appelé Byblos qui a été volé par une renégate que vous allez devoir poursuivre.

On nous explique que la traque aura été longue et que nous atterrissons finalement dans une ville ravagée par la guerre. C’est ici que nous allons nous retrouver au fil des péripéties transporté dans la tour d’Arcane, une sorte de labyrinthe immense où il existe de nombreux mystères qu’il va falloir élucider. Ces derniers concernent le passé de la tour et sont dotées d’une narration extrêmement agréable qui nous tiendra en haleine tout au long de l’aventure.

Autrement, notre héroïne ne possède pas de nom et se fait appeler la porteuse. C’est elle qui renferme la vil et puissante créature enfermée dans son grimoire. La deuxième personne est Ergo Mundus et il s’agit de la bête féroce qui se trouve dans le livre. Ce dernier peut se matérialiser sous une forme humaine grâce au miroir et c’est ainsi que vous aurez deux combattants et vous pourrez switcher de l’un à l’autre à l’aide une pression de touche.

Ainsi, Ergo a été scellé dans le livre par Nathaniel car l’on vous explique que son but était de détruire le monde. Quant à la porteuse, elle travaille pour Nathaniel et fait équipe avec Ergo par obligation puisque ce dernier est finalement un ennemi de la société. Bref, c’est donc avec ce binôme qui n’aspire pas à des intérêts communs que vous allez devoir résoudre tout ce qu’il se passe à Arcane.

Si les décors, les environnements et l’ambiance générale du jeu sont tout simplement fantasmatiques et immersifs, le chara design des personnages, quant à lui, manque de charme et rentre dans une certaine incohérence avec l’univers. Malgré tout, on arrive à faire l’impasse sur ce point puisque pendant les phases de gameplay, le design n’est pas vraiment gênant. En effet, c’est surtout pendant les scènes de dialogues que l’animation vieillotte des différents personnages de l’aventure se fait ressentir.

Anima: Gate of Memories, un charme fou pour une narration passionnante

Pourtant et comme on le disait, les graphismes ont un charme fou pour un jeu en kickstarter et ce, d’une manière globale. Cette mystérieuse tour est inquiétante, les décors extérieurs sont de toute beauté que ce soit lorsque vous vous trouvez dans des plaines verdoyantes, des environnements enneigés ou à traverser des montagnes. De plus, avec la qualité narrative intégralement sous-titrée en français, c’est un pur régal.

Car oui, pour avancer dans l’histoire, il vous faudra trouver les souvenirs de personnages importants qui ont un rapport avec le mystérieux lieu où vous vous trouvez. Ainsi, des énigmes seront présentes et par exemple, dans le manoir des marionnettes, il faudra répondre à différentes questions placées sous des tableaux afin de pouvoir ouvrir des portes.

D’une manière globale, le soft est parsemé d’énigmes toutes aussi différentes les unes que les autres et au final, on apprécie d’effectuer les recherches pour avancer. Cela étant dit, d’autres mystérieux personnages à l’allure dérangeante et faisant penser à des screameurs sont enfermés dans des cellules et vous devrez trouver des clés pour les libérer.

C’est ici que les fins multiples entrent en jeu car vous ne pourrez pas libérer tout le monde. Ainsi, il faudra faire des choix et tenter, tant bien que mal, de savoir ce qui se cache derrière ces visages inquiétants. En tout cas, l’univers aura été un véritable coup de cœur pour nous mais nous sommes conscients que ce ne sera pas le cas pour tout le monde.

En effet, l’ambiance reste très particulière et on vous conseille de bien regarder les différents screenshots proposés dans ce test pour savoir si vous êtes susceptible de vous laisser, vous-aussi, convaincre. Car oui, Anima: Gate of Memories vaut très franchement le coup rien que pour le travail apporté à son histoire, aux dialogues, à l’ambiance et à la qualité des univers proposés. Issu d’un kickstarter, le projet était très ambitieux et au final, de ce côté-là, il est plutôt qualitatif malgré des défauts plus ou moins gênants dont nous parlerons plus tard.

Concernant le tarif, Anima: Gate of Memories est proposé à 19,99€ sur les Xbox One, PlayStation 4 et PC. A noter que sur Steam, il y a une promo en ce moment à 17,99€ ce qui en fait un bon rapport qualité/prix. Malgré un prix attractif, il y a quand même des problèmes que vous ne pourrez peut-être pas pardonner.

Lâché dans Arcane comme un touriste

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Si le scénario tient la route et qu’il est aguicheur, il faut avouer qu’à part un tutoriel qualitatif pour nous expliquer les différents mouvements, on est rapidement perdu en arrivant à Arcane. En effet, peu d’explications sont données sur note quête, sur ce que nous devons réellement faire et pour le coup, on se retrouve à partir un peu dans tous les sens et dans tous les endroits qu’il est possible de visiter.

Ce n’est pas un mal en soit mais il y a tout de même un juste milieu entre être complètement lâché et être un minimum guidé histoire de ne pas tourner en rond pendant un bon moment. Ensuite, le gameplay en lui-même possède un bon système de ciblage pour les ennemis qui vous feront faces mais il faut avouer que lorsqu’il y en plus d’une dizaines, les choses deviennent un peu compliquées…

Effectivement, lorsqu’il s’agit d’ennemis attaquants à distance ou lorsque vous vous retrouvez dans un espace confiné avec plus de trois ou quatre ennemis au corps à corps, on aura parfois tendance à se faire enchaîner et à finalement mourir ce qui est un peu frustrant. Néanmoins, la sauvegarde automatique apaise ce sentiment puisque l’on change très souvent d’écran pour passer d’un écran à l’autre et donc, on enregistre souvent la partie. D’ailleurs, à ce sujet, les temps de chargement sont un peu longuets car forcément, même si c’est un titre à petit budget, on est clairement plus habitués à cette pratique qui date un peu.

Cela étant dit, les personnages se contrôlent tout de même bien avec une vue à la troisième personne, une possibilité de cibler les ennemis et enfin, différentes techniques et compétences pour enchaîner les adversaires à coups de combos. Les différentes attaques que vous pouvez utiliser se débloquent par l’intermédiaire d’un arbre de compétences propre à chaque héros et ces derniers peuvent, pour la plupart, s’améliorer jusqu’à trois fois. Tout coûtera un point de compétence mais il y aura un niveau minimum requis pour déverrouiller des coups plus puissants ce qui est logique afin de conserver une progression cohérente.

Anima: Gate of Memories, une ambiance malsaine dans la tour tandis que les environnements extérieurs nous enchantent

Outre les attaques que vous allez affecter aux différentes touches pour vos combos, il y a aussi des capacités passives et des techniques de soutien. L’arbre de compétences se divise en plusieurs segments et si vous activez des compétences qui sont sur la même ligne, vous débloquerez des bonus passifs comme une augmentation des PV, de la défense ou encore, de la magie.

Néanmoins, il faut avouer que les deux personnages ont des arbres assez similaires même si l’on constate quelques variations. Dans tous les cas, si vous optez pour un build magie à distance pour un perso et un pour le combat au corps à corps pour l’autre, les deux rôles peuvent aussi bien s’attribuer pour la porteuse que pour Ergo. En effet, tout deux ont des techniques et des spécificités dans les deux domaines. C’est à vous de voir ce que voulez faire.

Enfin et comme on le disait, lors des affrontements, entre le ciblage et le nombre d’ennemis, vous aurez parfois du mal à esquiver ou à effectuer les actions que vous souhaitez. Cela est dû au fait que lorsqu’il y a de nombreux ennemis, s’ils se décident tous à vous lancer des attaques magiques en même temps ou les unes après les autres, il est très difficile de tout esquiver et vous mourrez parfois bêtement sans ne rien pouvoir faire. Dommage.

Outre le fait de résoudre des énigmes en réfléchissant, il y aura aussi de nombreuses phases de plateformes avec des blocs qui bougent dans tous les sens, des rayons lasers qui tenteront de vous pourfendre et bien d’autres choses encore. L’affaire ne sera donc pas aisée. Il en va de même pour la cave où il faudra avoir le bon timing pour ne pas se retrouver empalé dans le mur à cause des nombreux pièges qui s’y trouvent. D’ailleurs et à ce sujet, le bruit que font les piques lorsqu’ils s’écrasent sur les murs est tout simplement horrible pour les oreilles.

Heureusement et il est important de le dire, la bande-son de Anima: Gate of Memories est tout simplement magnifique pour un jeu issu d’un kickstarter. On se régale devant les mélodies tout en lisant les différents souvenirs des personnages peuplant cet univers des plus glauques. La qualité n’est peut-être pas au même niveau qu’un Lost Odyssey avec ses poèmes mais c’est tout de même très qualitatif.

Au-delà de ça, il y a bien évidemment des affrontements contre des boss où il faudra que parveniez à trouver leurs points faibles. D’ailleurs, certains monstres vous demanderont obligatoirement de switcher entre la Porteuse et Ergo afin de venir à bout de ces derniers. Par exemple, les espèces d’ombres noires dans les plaines ne pourront être vaincus que par Ergo tandis que les blanches seront à vaincre par les mains de la porteuse.

Et là, les choses seront compliquées lorsqu’il y aura un peu trop d’ennemis des deux couleurs différentes. En effet, entre les tirs adverses, le ciblage qui ne prendra pas le bon ennemi et le besoin de switcher d’un perso à l’autre, la prise en main sera un peu compliquée et pas vraiment intuitive.

Enfin, comme dans tout bon J-RPG qui se respecte, on trouvera des trésors parsemés un peu partout et il s’agira d’objets pour se soigner, pour regagner du mana ou alors, tout simplement des armes ou des anneaux avec différents effets passifs. Un marchand se débloquera également afin de faire vos petites emplettes.

Très honnête

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Anima: Gate of Memories est très honnête sur sa durée de vie puisqu’il faudra environ une quinzaine d’heures pour venir au bout de l’aventure principale. Néanmoins et comme on l’a dit, vous aurez différents choix à faire et il se peut que la fin ne vous convienne pas forcément car il y aura des conséquences à assumer.

De ce fait, il est vrai que l’on peut très facilement repartir sur une nouvelle quête en essayant de faire les choses différemment afin de découvrir le fin mot de l’histoire et surtout, celui qui nous convient le mieux. A noter que qu’il y a plusieurs niveaux de difficultés.

Anima: Gate of Memories, un manque incontestable de budget, pourtant, la magie opère

Pour ajouter un peu de fan service, de nouvelles tenues pourront être débloquées pour la porteuse et Ergo histoire de changer un peu le style vestimentaire de nos personnages mais ce, uniquement pour une nouvelle partie. Car oui, ce qui est fort dommage, c’est que mise à part la sensation de devenir plus fort, les anneaux ou les armes que l’on utilisent ne sont pas visibles sur les héros et forcément, quand on est habitués aux derniers J-RPG nouvelle génération, on est déçus de ne pas voir nos armes changer de skins et même nos personnages.

Qu’à cela ne tienne, c’est un petit défaut compréhensible dû au fait que le budget de développement était finalement très restreint. Ainsi, on ressent par-ci par-là que certains éléments n’ont certainement pas pu être aussi poussés que ce que les développeurs auraient pu souhaiter. Mais néanmoins, la sortie du jeu ne pouvait pas tarder plus puisqu’Anima: Gate of Memories est tout de même arrivé quatre ans après son annonce…

Anima: Gate of Memories peut s’avérer indispensable si vous êtes à la recherche d’un action J-RPG novateur, doté d’une qualité narrative insoupçonnable et mélangeant les genres plateforme, énigme et action avec une direction artistique des plus originales. Néanmoins, si les défauts qui le parsèment comme le peu d’explication donné que l’on vous donne sur ce que vous devez faire, les nombreux problèmes de caméra et de ciblage, les temps de chargement un peu longuets et que le peu d’éléments fan service à débloquer vous rebute, il vaudra mieux passer votre chemin et partir en quête d’un jeu à plus fort budget. Dans tous les cas, il faut savoir que vous risquez de passer à côté d’un Anima: Gate of Memories aux allures japonaises qui lui, a des sous-titres en français, une bande-son mémorable, un bon rapport/qualité prix et une expérience qui est au final, plutôt plaisante.

L'avis de l'auteur

Anima: Gate of Memories est un bon petit action J-RPG qui correspond parfaitement à un bon rapport Qualité/Prix. Il y a une sacrée ambiance, de très bonnes compositions, un chara design que j'ai personnellement kiffé et un gameplay qui, malgré sa simplicité, fonctionne plutôt bien. A vous de voir si cette production indépendante vous réussira autant qu'à moi mais franchement, une très jolie découverte, il n'y a pas à dire.

Alexandre Mistral Play4Fun
a
Note du panda
6.5 10

Anima: Gate of Memories

Points positifs

  • Des graphismes très jolis pour un kickstarter
  • Une ambiance excellente
  • Des sous-titres en français
  • Qualité narrative
  • Le mélange des genres
  • Fins multiples
  • Rapport qualité/prix
  • De magnifiques musiques
  • Une bonne durée de vie cohérente avec le prix

Points négatifs

  • Un chara design qui peut diviser surtout pendant les dialogues
  • Peu d'explication sur ce que vous devez faire
  • Des soucis de gameplay et de caméra
  • Des temps de chargement un peu long
  • Peu de variation d'un perso à l'autre
  • Peu de fan service ou d'éléments à débloquer
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