TEST. Final Fantasy XIV : Stormblood – Une douce mélopée japonisante

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Deux ans après la sortie de l’opus Heavensward, Square Enix revient sur le devant de la scène en proposant un nouvel épisode pour son MMORPG phare, très attendu par les fans et intelligemment baptisé Final Fantasy XIV : Stormblood.

Après avoir connu des débuts calamiteux sous sa première version, il était évident que Square Enix se devait de réagir, et ce, de façon drastique. Le jeu fut arrêté, l’équipe de développement subit un remaniement et un long processus de reconstruction s’engagea. C’est le 27 août 2013, soit près de trois ans après, que sortit cette nouvelle mouture, renommée symboliquement, Final Fantasy XIV : A Realm Reborn. Depuis et jusqu’à aujourd’hui (et certainement pendant encore un moment), ce MMORPG plein de charme a su s’imposer comme un incontournable du genre, devenant l’un des meilleurs jeux de rôle massivement multijoueur de ces dernières années. Si le titre doit son succès à sa licence mythique, jouissant d’un univers dense et riche d’histoire, il le doit également à la rigueur de son studio de développement et ses mises à jour régulières. De cette façon, l’extension Heavensward avait été très bien accueillie par les joueurs et elle s’est vue enrichie au fur et à mesure de nouveaux contenus. Deux ans après sa sortie, et ce pratiquement jour pour jour, il était temps pour Final Fantasy XIV de se voir agrémenté d’un nouvel épisode. Connaîtra-t-il le même succès que son prédécesseur en sublimant son univers légendaire ou sonnera-t-il le glas de son règne dans une tempête de sang meurtrière ?

L’empire, l’éternel ennemi des univers fantastiques

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Il est difficile d’énoncer les détails de scénario, tant il est central dans Final Fantasy XIV. De plus, ce nouvel opus attirera sans aucun doute une myriade de nouveaux joueurs, désireux de découvrir ce MMORPG à la notoriété et l’intérêt toujours plus grandissants. Il serait donc malvenu d’entacher précocement leur plaisir à la lecture de ce texte. Néanmoins, rien ne nous empêche de discuter sa qualité de réalisation, de rythme et sa dimension à rendre attractive sa monture vidéoludique. Car en effet, de la même manière qu’un cavalier sait guider et sublimer les performances de son compagnon, cette épopée agit de la même façon sur le jeu de Square Enix.

La quête épopée de Final Fantasy XIV est un incontournable du titre et contribue grandement à son succès

L’histoire prend place après les évènements d’Heavensward, il y est question d’oppression des peuples par l’empire Garlmaldais, de vol d’une mystérieuse relique et plus principalement, de libération des populations orientales. Pour l’occasion, Lyse sera rhabillée d’une robe rouge (visible dans la magnifique cinématique de départ), collant parfaitement à l’univers de Stormblood et devenant de par ce fait, l’icône de l’extension. Bien entendu et comme toujours, de nombreux rebondissements seront de la partie, rendant la progression toujours intéressante. Cependant, le reproche qui pourrait être fait est que l’histoire peine à décoller pendant les premières heures de jeu, ce qui pourrait donner une mauvaise impression au commencement. S’il est normal qu’un scénario démarre doucement dans n’importe quelle œuvre que ce soit, il faut rappeler qu’ici, nous sommes en présence d’une « continuation d’événements », dans laquelle aucune base scénaristique n’est donc nécessaire d’être posée. Fort heureusement, la suite de l’aventure éclipse littéralement cette sensation, offrant un plaisir de progression sans cesse renouvelé et ce, malgré des quêtes annexes extrêmement répétitives et mal réalisées. Fort heureusement, le choix vous est donné de ne pas les accomplir si vous le souhaitez, ce qui vous forcera à vous tourner du côté des donjons pour atteindre le nouveau palier maximum, le niveau de personnage 70.

Kugane, capitale aux inspirations Edo

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Comme vous l’aurez compris en voyant les nombreuses images du jeu ces derniers mois, cette extension ne manque pas d’inspirations orientales et plus principalement japonaises avec notamment sa capitale, Kugane, qui la représente d’une douceur élégante. Cette grande ville portuaire tire son design du Japon de l’ère Edo, et offre un paysage et des prises de vues vraiment magnifiques. De plus, sa bande son colle parfaitement à son ambiance, rendant sa visite encore plus belle et immersive. Si la métropole n’est pas la seule ville de Stormblood, avec notamment l’Etendue de Rhalgr, qui propose quant à elle un paysage désertique, la plupart des activités urbaines se passeront du côté de Kugane, où vous passerez donc beaucoup de temps dans le futur et où il fera bon flâner.

Pour peu que vous soyez sensible aux décors du Japon antique, Kugane vous apparaîtra sans nul doute comme la plus belle des capitales jamais créées pour Final Fantasy XIV

Dans cette même ville, au niveau du port, un embarcadère est disponible, vous donnant la possibilité de rejoindre Shirogane, le nouveau quartier résidentiel spécialement créé pour l’occasion. Là où Kugane propose une ambiance plus impériale, Shirogane vous invite à parcourir des petites ruelles japonaises pleines de charme ou encore de grands jardins verdoyants. Néanmoins, les habitations ne sont pas encore disponibles à l’achat, afin de laisser le temps aux compagnies libres d’accumuler l’argent nécessaire. L’acquisition d’un de ces terrains sera possible dès la mise à jour 4.1.

Le mage rouge et le samurai

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Comme Heavensward, deux nouveaux jobs font leurs apparitions dans ce nouvel épisode : le mage rouge et le samurai. Les seuls prérequis à leur obtention est de posséder un personnage de niveau 50, ce qui rendra accessible la quête d’accès de ces jobs et au terme de cette dernière, leurs équipements complets (hors bijoux) et leurs cristaux. L’ajout de ces deux nouvelles classes tend à rendre le jeu encore plus complet et diversifié qu’il ne l’est déjà, en portant le nombre de choix à quinze jobs différents. Ces derniers ont d’ailleurs reçu pour l’occasion une refonte de gameplay, améliorant leur style de jeu et supprimant les sorts dits « peu utilisés » ou trop déséquilibrés. Dans ces derniers, on pense notamment aux skills inter-jobs, qui ont été remplacés par des skills de rôle, proposant des choix plus utilitaires qu’auparavant, facilitant le travail d’équilibrage et rendant plus unique chacune des classes. De plus, le système d’obtention des cristaux de jobs a été lissé. En effet, alors qu’il était nécessaire de posséder une classe niveau 30 et une autre de niveau 15 pour les acquérir (le tout spécifique à chaque job), une seule de niveau 30 est désormais requise. Une bonne chose en somme.

Comme dit au-dessus, le mage rouge propose un gameplay hybride, alternant entre phase de DPS magique à distance, et phase au corps à corps. Il fonctionne par le biais d’une jauge de mana noir et de mana blanc qu’il devra toujours tenir en équilibre, tout en les montant toutes les deux à l’aide de divers sorts, chacun d’entre eux augmentant leur jauge respective. Une fois le mana blanc et le mana noir presque à 100%, il faudra effectuer une phase de burst au corps à corps à l’aide d’une charge et de plusieurs techniques très rapides. Il repartira ensuite à distance à l’aide d’un dash arrière. La difficulté sera donc de réussir à tenir en équilibre ces deux manas, tout en gérant les déplacements propres aux divers affrontements pour mettre en place son combo corps à corps. Un sort de soin fait aussi partie de son kit, servant de back-up pendant les situations difficiles. Tout ceci en fait un job très dynamique et agréable à jouer.

Pour ce qui est du samurai, son gameplay tourne autour des marques Setsugekka, qui sont au nombre de trois. Chacune s’active à l’aide de combos différents et vous donne accès à un coup spécial, en fonction du nombre de marques activées. De plus, une jauge appelée Kenki est aussi de la partie. Elle se remplit au fur et à mesure que vous usez de vos techniques, et plus particulièrement si vous respectez les emplacements de coup requis par ces dernières. Par exemple, une technique vous donnera 5 de Kenki supplémentaires si vous frappez sur le flanc, ou une autre de derrière. Cette barre de ressource permet d’effectuer une technique en monocible, une autre en multicible ou encore d’augmenter la puissance de votre prochaine attaque. Le tout hors GCD, rendant son gameplay très dynamique. En résumé, il vous faudra faire attention à votre placement, vos marques de Setsugekka et votre jauge de Kenki, tout en esquivant les différents sorts des ennemis.

Des donjons parfaitement adaptés

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Quel serait un MMORPG sans donjon ? Ils sont en effet pour beaucoup de joueurs le cœur de ce style de jeu, car ils subliment la coopération et l’entraide, mécaniques sociales très importantes dans ce genre de jeu. Ils servent également à s’équiper convenablement, augmentant la puissance de son personnage. Stormblood et plus globalement Final Fantasy XIV ne passe pas à côté de ce constat et propose dans ce nouvel opus pas moins de huit nouveaux donjons. Deux disponibles uniquement une fois le niveau 70 atteint, et six qui viendront rythmer votre progression. Si certains d’entre eux s’avèrent être somme toute assez classiques, d’autres se révèlent être des merveilles d’ambiance et d’architecture. Nous pensons notamment au Palais aux marées violettes, qui selon Naoki Yoshida lui-même, serait inspiré de légendes japonaises pour en construire son cheminement. Mais encore le Château de Dôma, le Château de Kugane ou, de par son deuxième boss très original, la Force de Bardam. Les mécaniques de jeux ne se voient pas ici chamboulées, les vétérans s’y retrouveront aisément, mais c’est réellement par leur ambiance qu’ils tirent leur épingle du jeu.

Si les mécaniques de jeu en donjon ne changent pas, l’accent est mis sur leur ambiance si bien réalisée, vous les faisant parcourir avec un enthousiasme sans faille

A leurs côtés viennent s’ajouter deux nouveaux combats de primordiaux, Susano et Lakshmi. Si le premier se trouve être assez basique, la seconde jouit d’un visuel et d’une réalisation renversante. Imaginez une Cotura de Zelda : Breath of the Wild qui aurait fait un régime et que vous combattriez sur fond de musique orientale et mystique. Une vraie expérience vidéoludique. A savoir qu’une fois l’épopée terminée et de ce fait, le niveau 70 atteint, ces deux rencontres seront disponibles en difficulté extrême aux joueurs ayant 300 d’Ilvl minimum. Néanmoins, un autre primordial dont le nom sera tu dans ce test sera de la partie et fera office de dernier boss de l’épopée. Et pour un combat d’histoire, il sera assez ardu. Le boss en lui-même n’est pas extrêmement difficile mais il le sera à cause de la méconnaissance des joueurs en présence et de leur stuff parfois un poil trop faible, du fait qu’ils viendront fraîchement de passer au niveau maximum. Néanmoins, ce combat offre à l’épopée un final en apothéose que vous apprécierez sans nul doute. Deux raids feront également leur apparition dans les semaines à venir, de façon à laisser le temps aux joueurs de terminer l’épopée et de s’équiper pour relever ces nouveaux défis.

Pendant qu’on plonge, comme des éponges, sous l’océan

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Autre nouveauté du soft, la plongée sous-marine. Sous réserve d’en débloquer l’accès via une quête, il vous sera possible de partir explorer les fonds marins en nageant comme des petits dauphins. Cette feature ne propose aucun gameplay à proprement parlé donc aucun combat, elle sera surtout prétexte à explorer des villes aquatiques et au développement du background du jeu. La vitesse de nage étant plus rapide que sur terre (encore heureux, il sera embêtant de nager plus vite à pied… quoi ?), ceci en fait un moyen de locomotion efficace. Du moins avant l’obtention du vol dans ces régions.

Pour finir de lister les nouveaux éléments de Stormblood, le jeu se voit effectuer une refonte de son système joueur contre joueur. Premièrement, il est désormais disponible dès le niveau 30. Les actions PvP sont désormais entièrement dissociées de celles liées au Pve et les joueurs peuvent donc les personnaliser, leur donnant différentes fonctionnalités. La barre d’action PvP est donc indépendante et remplacera l’autre une fois que vous rentrerez dans une arène de ce type. Ce système facilite encore une fois l’équilibrage des classes et apporte une vision stratégique nouvelle à ce style de jeu qui n’était pourtant pas le point fort du titre.

Il vous est aussi désormais possible, contre la modique somme de 18 à 25 euros suivant votre choix, de faire l’acquisition sur la station mog de potions de progression. Ces dernières proposent, pour certaines, de faire zapper toute la quête épopée à votre personnage, soit jusqu’au début de Heavensward, soit jusqu’au début de Stormblood. Les deuxièmes vous donnent la possibilité de passer directement le job choisi jusqu’au niveau 60. Le choix étant facultatif, c’est une bonne chose pour les joueurs voulant rejoindre leurs amis déjà bien avancés dans le jeu. Le prix quant à lui est assez raisonnable en comparaison de ce qui se fait chez la concurrence.

En résumé, Final Fantasy XIV : Stormblood est dans la continuité de ce que Square Enix produit pour son MMORPG depuis ces dernières années. Mieux que ça, il réussit même à le sublimer. Sublimation due à son intelligent choix d’univers, quand on sait que l’ambiance asiatique et plus particulièrement japonaise, est très populaire chez les joueurs. Mais s’il est facile de proposer des décors de ce type, Square Enix réussit à les rendre magnifiques grâce à son moteur de jeu et ses remarquables jeux de lumière, rendant le tout vraiment somptueux. Ajoutez à cela une bande son enivrante et vous obtenez un cocktail qui fonctionne, et qui fonctionne même très bien. Le samuraï et le mage rouge proposent tous deux un gameplay qui même si le jeu est doté d’un long GCD, est très dynamique de par ses mécaniques. L’ombre au tableau étant les quêtes annexes vraiment répétitives et mal réalisées, un doublage français qui manque de ferveur et une histoire qui peine à démarrer dans les premières heures de jeu. Cependant, ces défauts sont éclipsés par cette ambiance incroyable. Final Fantasy XIV confirme sa place sur le podium des MMORPG et continue de gravir la pente du succès. Et quand on sait d’où le jeu est parti, on ne peut qu’applaudir.

L'avis de l'auteur

J’ai beaucoup joué aux deux précédents épisodes de Final Fantasy XIV, principalement car j’adore le genre MMO et que la licence Final Fantasy a littéralement bercé mon enfance et rythmé ma vie de joueur. Néanmoins, le jeu a toujours eu du mal à me convaincre, à cause de son gameplay parfois mollasson, du fait que je passais totalement à côté de l’histoire à cause de mon besoin de rush, une ambiance qui avait du mal à m’accrocher ou encore un manque de contenu. Sur Stormblood, pratiquement tous ces défauts ont disparu à mes yeux. L’ambiance est incroyable, le gameplay des nouvelles classes est dynamique à souhait et le jeu a pris tellement d’âge que le contenu y est foisonnant. Seul reste l’épopée qui a du mal à me convaincre, mais ceci uniquement car ce qui me plait dans un MMO, c’est de rush l’expérience. On défait difficilement une si vieille habitude. En somme, Final Fantasy XIV : Stormblood fut une excellente aventure pour moi, que je conseillerai sans retenue et que je continuerai très certainement encore pendant quelques temps.

Neilzx
s
Note du panda
8.5 10

Final Fantasy XIV : Stormblood

Points positifs

  • Une épopée très intéressante...
  • 25-35 heures pour monter niveau 70 à partir du niveau 60
  • Une ambiance parfaite, collant parfaitement aux graphismes et jeux de lumière
  • Kugane, une capitale envoûtante
  • Les deux nouveaux jobs dynamiques à souhait
  • Une bande son toujours très adaptée au contexte
  • Un contenu riche et qui va continuer de s’étoffer

Points négatifs

  • ...Mais qui peine à se mettre en marche
  • Des quêtes annexes très répétitives et sans grand intérêt
  • Un doublage français très inégal et manquant d'aplomb

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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