TEST Ashen – L’action-RPG montre enfin le bout de son nez

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Mystérieux, intriguant et prometteur. On ne pourrait mieux décrire l’image du jeu avant sa sortie. Les développeurs nous avaient promis qu’il sortirait avant 2019, promesse tenue. Il est temps de lever le voile d’ombre et d’explorer les entrailles de ce titre aux formes originales.

C’est lors d’une annonce surprise au Game Awards qu’Ashen débarque sur nos machines. Le titre développé par Aurora44 aura su faire parler de lui en son absence. C’est en toute intimité que cette nouvelle licence offre aux joueurs un vaste monde ouvert. Un monde fait de couleurs brumeuses et pourtant si accueillantes. Ashen intrigue, personne ne sait vraiment à quoi s’attendre lors de cette aventure. Il aura su garder le secret et jouer avec notre curiosité, laissant parler sa direction artistique pâle et froide. Son arrivée immédiate, sans même prévenir, laisse désormais les joueurs s’aventurer dans les vastes étendues de ce monde en quête de lumière. Ce test a été réalisé sur Xbox One à l’aide de l’offre Xbox Game Pass.

C’est qui qu’a pris ton nez ?

Ashen

S’il y en a qui ont eu du flair, c’est bien sur la direction artistique du titre. Il est impossible de ne pas être intrigué par les formes qu’arbore cette nouvelle licence. Des personnages sans visage, des formes cubiques, une ambiance à la fois sombre et triste. Rien à dire, Ashen a quelque chose à raconter et il ne compte pas le faire dans les règles. Le jeu se joue uniquement à la troisième personne et vous embarque dans un action-RPG à monde ouvert. Seulement, il tente d’innover sur certains points en s’inspirant tout de même de quelques mécaniques bien connues. On pense notamment au système de combat. En effet, on fera référence à un Souls-like dans sa manière d’affronter vos ennemis. Avant de commencer, il sera possible de lancer le mode Enfants de Sissna. C’est une variante plus difficile du jeu, permettant de commencer avec une barre de vie et d’endurance réduites.

Les joueurs seront donc plongés en plein cœur d’une histoire profonde mais mal exploitée. Le monde est tiraillé entre la lumière et l’obscurité. La source de lumière provenant de ce grand oiseau lumineux, n’est plus aujourd’hui. Votre but sera de vaincre les dangers infestant ce monde, épaulé par Bataran. Le vieil homme amputé d’un bras, est en réalité un ancien veilleur d’Ashen. C’est ici que votre histoire commence. Tout au long de votre aventure, vous allez rencontrer de nombreux inconnus. Ces habitants désespérés auront besoin de vous pour tenter de rallumer la flamme et redonner un peu d’espoir sur ces terres désolées. En échange d’un service, la plupart de ces personnages rejoindront le Repos du Vagabond. Ce lieu incarne votre campement, sorte de hub évolutif dans lequel vous pourrez faire tout un tas d’achats et d’améliorations. Au fur et à mesure de votre avancée, votre campement évoluera et chaque nouvel occupant proposera ses services. Certains tiendront une forge par exemple, permettant d’améliorer vos armes, tandis que d’autres vous donneront accès à de nouvelles potions et consommables.

Une véritable expérience unique et dépaysante.

Le système de craft reste relativement simple dans son ensemble. Simple oui, mais extrêmement brouillon. Il est très difficile de faire un choix parmi les tonnes d’armes toutes pas si différentes les unes des autres. En effet, certaines n’auront pas la même apparence mais les mêmes statistiques à quelque chose près. Cela dit, les statistiques se résument à dégâts, coups critiques et étourdissement. On aurait aimé un système de couleur par exemple pour repérer la qualité de certaines armes. Car si vous décidez d’améliorer une arme, cela coûte cher. Ce serait donc dommage d’avoir dépensé dans une arme décevante. Pour ce qui est de l’armure, une seule pièce suffit pour représenter la totalité de vos défenses. C’est-à-dire qu’il n’existe pas de casque, de pantalon ou de torse au détail. Un kit représente votre défense de la tête aux pieds. On notera que l’apparence change en fonction de votre équipement.

Forcément, rien n’est gratuit et même dans l’univers d’Ashen. Vos armes, amulettes, consommables et équipements demanderont des Scories en échange d’une amélioration. Les Scories sont une sorte de monnaie virtuelle du jeu. Vous gagnez des points à chaque fois que vous tuez un ennemi par exemple. On pourrait comparer ça à une jauge d’expérience en quelque sorte. Cependant, les points s’accumulent au fur et à mesure de vos actions mais pourraient très vite disparaître. En cas de mort, la totalité des Scories amassées jusque-là seront immédiatement perdues. Honnêtement, ça fait mal au cœur lorsque cela arrive. Rien n’est encore définitif, car il est possible de récupérer vos gains en repassant à l’endroit même où vous avez échoué. Une petite médaille sera présente, si vous la ramassez, alors tout vos points seront rendus. Néanmoins, si vous mourrez de nouveau avant le ramassage de vos Scories précédentes, elles seront perdues définitivement. Cette mécanique offre un vrai enjeu lors de vos parties, mais peut s’avérer frustrante si la somme était importante.

Pas d’ombre, sans lumière…

Ashen

Dans l’ensemble, Ashen apporte une véritable patte artistique originale et agréable. L’aspect low-poly de l’univers et ses couleurs cendrées font un bon mélange. Le monde ouvert que nous offre le titre retransmet parfaitement l’ambiance dans lequel nous sommes. Une aura de désespoir et de misère plane sur ce monde. Malheureusement, l’environnement paraît parfois trop vide et froid. Il manque d’animation dans ces forêts, on aurait apprécié un peu plus d’animaux et autres bêtes vivantes. Ce qui fait défaut par la même occasion au jeu, c’est sa bande-son. On comprend bien l’envie de retransmettre une ambiance de fin du monde, cependant, cela reste bien trop calme et il existe d’autres façons pour amener les joueurs à ce sentiment.

Mais cette nouvelle licence cache bien des choses intéressantes derrière son aspect poétique. En effet, le gameplay n’invente rien mais la formule s’adapte parfaitement au concept. Comme dit en début de ce test, les mécaniques de combat sont fortement inspirées de celles de Dark Souls. Lors de chaque affrontement, notre vie sera clairement en jeu et le moindre adversaire pourrait nous être fatal. Contrairement à ce qu’on pourrait le croire au premier abord, le jeu est loin d’être simple et pour le coup, l’habit ne fait vraiment pas le moine ici. Pour venir à bout de vos ennemis, vous devrez sans cesse esquiver ou vous protéger à l’aide de votre bouclier. Il faudra donc prendre connaissance des cycles d’attaques avant de tenter de porter vous-même un coup. Par ailleurs, les différents ennemis sont nombreux et proposent différentes façons d’attaquer. Nous ne sommes donc jamais en territoire connu et cela empêche donc la lassitude de s’installer. Chaque fois qu’un opposant parviendra à vous toucher, les dégâts seront assez sévères. Vous devrez donc toujours avoir un œil sur votre barre de vie, car celle-ci fond comme neige au soleil. Le jeu se veut donc extrêmement punitif sur la moindre erreur des joueurs.

Les principales attaques se feront avec les gâchettes. Rien de bien compliqué, aucun combo ou autre ne sont à retenir. Vous avez seulement une attaque rapide et une chargée. En fonction de votre équipement, il est possible de s’équiper d’un bouclier. Chaque coup absorbé, sera déduit de votre barre d’endurance. Cette fameuse barre est en réalité au cœur du gameplay. Votre endurance vous permettra de courir, d’esquiver, d’attaquer ou de vous protéger. Autant vous dire tout de suite, si vous épuisez celle-ci, le combat devient vite compliqué. Tout comme votre jauge de vie, elle a tendance à descendre très rapidement. Maintenir votre endurance demandera donc un certain savoir en fonction des armes équipées et de votre avancement dans le jeu. Il faut savoir qu’il n’existe pas de système de leveling. Votre personnage ne possède pas d’expérience, mais il est bien possible de l’améliorer. Bien sûr vos armes et armures seront des données importantes dans l’évolution de votre aventure. Cependant, il est tout de même possible d’améliorer vos jauges de vie et d’endurance. Elles augmenteront au fur et à mesure de vos missions sous forme de récompense de quête. Mais ce n’est pas tout, des plumes éparpillées dans le vaste monde d’Ashen augmenteront aussi vos capacités.

Le titre vous donnera des objectifs à réaliser sous forme de quêtes principales et annexes. Il ne faut pas vraiment s’attendre à de grosses cinématiques ou autres subtilités permettant de mettre en avant le scénario. Malheureusement, l’arc narratif semble bien timide sur le jeu d’Aurora44. Vous serez donc missionné par les différents personnages rencontrés tout au long de votre aventure. Les quêtes pourraient même vous mener à des donjons. Bien souvent dans des endroits plus sombres et étroits, vous devrez venir à bout de situations plus complexes encore. Lors de ces passages, il est très difficile d’y parvenir seul. Ce sont de véritables labyrinthes renfermant tout un tas d’objet rare ou pour le craft. Les explorateurs y trouveront leur compte car le level-design des donjons est assez bien réussi. Comme vous pouvez le deviner, les joueurs pourront se mesurer à un boss à la fin de ces instances.

Ensemble, on peut y arriver !

Ashen

Ashen tente le coup de proposer un mode multijoueur bien différent de ce que l’on pourrait croiser la plupart du temps. Le studio insiste souvent sur le fait que les relations auront un rôle important au sein du jeu. On ressent bien cette envie-là, une fois manette en main. Cependant, l’idée semble être implantée de manière maladroite ou mal exploitée. Pour commencer, il y a une absence totale du chat vocal ou écrit dans le jeu. Ce n’est pas un oubli mais bien une volonté des développeurs. C’est une nouvelle manière d’apporter la coopération sous forme passive. Pour le moins étrange sur le papier, cela reste discutable une fois en action. Il est vrai que la difficulté plutôt élevée qu’impose le jeu, pourrait obliger les joueurs à coopérer. Forcément, vu comme ça, tout semble logique. Cependant, nous sommes des humains et nos réactions sont loin d’être prévisibles. Cet aspect-là, pourrait bien rendre notre aventure plus compliquée que prévue.

Pourtant, toute l’importance des relations sont parfaitement définies. Seul, le jeu peut s’avérer très compliqué et punitif à chaque coin de mur. À deux, vos ennemis ont l’air nettement moins effrayants et dangereux. Une fois accompagné, les combats sont plus abordables. Les ennemis seront facilement débordés, ne focalisant qu’un seul joueur à la fois. Ce sera la porte ouverte pour votre coéquipier, qui pourra frapper et facilement ouvrir la garde de votre adversaire. Il faudra donc ne pas hésiter à aider les inconnus rencontrés lors de votre voyage en espérant une aide en retour. Il faut tout de même savoir qu’un allié vous accompagnera même si aucun joueur n’est présent, puisqu’une IA fera le sale boulot sans sourciller ou presque. En effet, l’intelligence artificielle reste perfectible sur bien des points. Par exemple, il est facile de voir votre compagnon refuser de sauter d’un rebord plutôt élevé mais non mortel. Alors, vous vous retrouverez tout seul pour la suite en espérant qu’un joueur humain rejoigne rapidement la partie.

Ashen a quelque chose à raconter et il ne compte pas le faire dans les règles.

Le système de matchmaking est bien pensé car il se fait de manière passive. C’est-à-dire que l’on ne doit pas lancer une session, mais le joueur sera automatiquement mis en relation s’il se trouve non loin de vous. Ce qui rend les relations plus évidentes, puisqu’en général vous aurez un objectif commun ou proche de l’endroit où vous êtes. Bien sûr, vous êtes libre de suivre ou non l’aventurier à vos côtés. Il sera tout de même possible de paramétrer le système multijoueur. Vous pourrez rendre votre session privée pour réserver la place à un ami par exemple. Il pourra donc vous rejoindre à l’aide d’un code. Ou tout simplement jouer avec une IA du début à la fin de vos aventures si vous êtes plutôt du genre solitaire.

Ashen était attendu depuis plusieurs années, le titre promettait beaucoup de belles choses et on n’est finalement pas déçus. Une véritable expérience unique et dépaysante. On se laisse embarquer dans cette histoire aux couleurs cendrées et aux décors apaisants. On prend rapidement connaissance de notre personnage et des possibilités que nous offre le titre. Un monde ouvert vaste et au level-design agréable et une histoire sans fioritures, qui permet de nous captiver sans nous laisser le temps ou l’impression de tourner en rond. On appréciera l’expérience multijoueur, plutôt originale, mais parfois agaçante lors de certains passages. Une IA efficace dans les combats et beaucoup moins dans ses déplacements. Le bébé des studios Aurora44 est loin d’être sans défaut, mais il possède une âme qui ne laissera pas insensible les fans du genre.

La note de l'auteur

Je l'attendais vraiment impatiemment et il est enfin arrivé en cette fin d'année. La direction artistique ne déçoit pas une seule seconde et l'ambiance de désolation est bien retransmise. J'ai simplement trouvé l'ambiance sonore un peu trop calme et en dessous de l'univers proposé. Pour le reste, l'open-world est de taille vraiment convaincante et l'environnement ruisselle de petites grottes secrètes et autres endroits mystérieux. C'est un vrai plaisir de parcourir l'univers proposé par Ashen. Chaque combat est à prendre au sérieux, car la difficulté est tout de même présente. On meurt assez rapidement à tout moment si on ne prend ses précautions. Le système de Scorie peut vite devenir frustrant, surtout après de longues sessions. Je conseillerais tout de même de parcourir le jeu avec un ami, car il est parfois vraiment difficile de progresser seul. En bref, Ashen est une très bonne surprise et on tient là une licence pleine de charme et de potentiel.

DubZ
a
Note du panda
7.5 10

Ashen

Points positifs

  • La direction artistique
  • Prise en main rapide et simple
  • L'aspect RPG simplifié et efficace
  • Le monde ouvert : un level-design agréable
  • Les donjons
  • L'évolution visuel de notre campement
  • Le mode multijoueur

Points négatifs

  • Une IA capricieuse
  • La bande-son, triste et sans relief
  • Une gestion d'inventaire parfois brouillonne
  • Le scénario un peu timide
  • Le mode multijoueur

Ce test a été réalisé à partir d'une version commerciale

A propos de notre notation

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